Vous occupez un local commercial et vous souhaitez en confier une partie, ou la totalité, à un autre exploitant. La sous-location semble pratique, mais elle obéit à des règles strictes. Mal préparée, elle peut coûter votre bail. Voici ce que prévoit la loi et comment procéder sans vous exposer.
En résumé
La sous-location d’un local commercial est en principe interdite. Elle devient possible si le bail l’autorise ou si le bailleur donne son accord. Dans ce cas, le bailleur doit être appelé à concourir à l’acte. Si le sous-loyer dépasse le loyer principal, le bailleur peut réclamer une augmentation de son propre loyer.
Le principe : une interdiction de base
L’article L145-31 du Code de commerce pose une règle claire. Sauf clause contraire dans le bail ou accord du bailleur, toute sous-location, totale ou partielle, est interdite. Le locataire ne peut donc pas décider seul de céder l’usage des lieux à un tiers.
Cette interdiction protège le bailleur. Il a choisi son locataire en fonction de son activité et de sa solvabilité. Il a le droit de savoir qui occupe réellement son local. La sous-location bouleverse cet équilibre, ce qui explique le verrou légal.
| Étape | Ce que vous devez faire |
|---|---|
| Vérifier le bail | Lire la clause relative à la sous-location, autorisée, encadrée ou interdite. |
| Obtenir l’accord | Si le bail est muet, demander l’autorisation expresse du bailleur. |
| Appeler à concourir | Informer le bailleur et l’inviter à participer à l’acte de sous-location. |
| Fixer le sous-loyer | Anticiper une hausse du loyer principal si le sous-loyer est plus élevé. |
Le concours du bailleur, une étape incontournable
Même quand la sous-location est autorisée, le locataire ne peut pas agir dans son coin. Le bailleur doit être appelé à concourir à l’acte. En pratique, vous lui notifiez votre projet et vous l’invitez à participer à la signature. Il dispose alors d’un délai pour indiquer s’il entend y intervenir.
Ce concours n’est pas une formalité décorative. La jurisprudence rappelle que l’autorisation de sous-louer ne suffit pas à elle seule. Le bailleur doit aussi être appelé à l’acte, faute de quoi la sous-location peut être jugée irrégulière à son égard.
Le saviez-vous ?
Si le bailleur, malgré la demande, refuse ou omet de répondre, il est passé outre et la sous-location peut être conclue. Le silence du bailleur ne bloque donc pas l’opération, à condition de l’avoir régulièrement appelé à concourir à l’acte.
Sous-loyer supérieur et droits du sous-locataire
La sous-location peut rapporter plus que le loyer versé au bailleur. La loi prévoit ce cas. Lorsque le sous-loyer dépasse le loyer principal, le bailleur peut exiger une augmentation correspondante de son loyer. Vous ne gardez donc pas forcément la différence.
Autre point sensible, le sous-locataire peut, sous certaines conditions, acquérir un droit au renouvellement directement à l’égard du bailleur. Cela suppose notamment que ce dernier ait autorisé ou agréé la sous-location. Une sous-location bien encadrée évite les mauvaises surprises de part et d’autre.
Avantages
Vous rentabilisez un espace inutilisé, vous partagez les charges et vous conservez votre bail tout en allégeant le poids du loyer.
Points de vigilance
Une sous-location irrégulière expose à la résiliation de votre bail. Le bailleur peut aussi réclamer une hausse de loyer si le sous-loyer est plus élevé.
Ce que dit la loi
L’article L145-31 du Code de commerce prévoit que, sauf stipulation contraire du bail ou accord du bailleur, toute sous-location totale ou partielle est interdite. En cas de sous-location autorisée, le propriétaire est appelé à concourir à l’acte. Si le sous-loyer est supérieur au loyer principal, le bailleur peut exiger une augmentation correspondante.
Les conséquences d’une sous-location irrégulière
Sous-louer sans respecter ces règles n’est pas un simple oubli administratif. C’est un manquement contractuel qui peut justifier la résiliation du bail commercial. Le locataire principal perd alors son local et le sous-locataire se retrouve sans titre opposable au bailleur.
Avant toute démarche, relisez attentivement votre bail et conservez une trace écrite de chaque échange avec le bailleur. Cette rigueur protège votre fonds de commerce et la relation avec votre sous-locataire.
Le piège classique
Croire qu’une clause du bail autorisant la sous-location suffit à tout régler. Elle ne dispense pas d’appeler le bailleur à concourir à l’acte. Sans ce concours, la sous-location reste fragile et peut être contestée.
Bien préparer son projet de sous-location
Une sous-location réussie repose sur l’anticipation. Identifiez d’abord ce que dit votre bail. Préparez ensuite une notification claire au bailleur et un acte de sous-location précis. Mieux vaut prendre le temps de cadrer chaque étape que de réparer un litige une fois la résiliation engagée.
Pour aller plus loin, vous pouvez consulter nos guides sur comment renouveler un bail commercial, sur les documents obligatoires pour un bail commercial et sur les charges imputables au locataire commercial.
FAQ : sous-louer un bail commercial
La sous-location d’un local commercial est-elle autorisée ?
Elle est en principe interdite. Elle devient possible si le bail l’autorise ou si le bailleur donne son accord, conformément à l’article L145-31 du Code de commerce.
Que signifie appeler le bailleur à concourir à l’acte ?
Cela veut dire l’informer du projet de sous-location et l’inviter à participer à l’acte. Cette étape reste obligatoire même quand le bail autorise la sous-location.
Le bailleur peut-il augmenter mon loyer en cas de sous-location ?
Oui, lorsque le sous-loyer est supérieur au loyer principal, le bailleur peut exiger une augmentation correspondante de votre propre loyer.
Que risque-t-on en cas de sous-location irrégulière ?
Une sous-location réalisée sans respecter ces règles constitue un manquement qui peut justifier la résiliation du bail commercial du locataire principal.
📝 À propos de ce guide
Rédigé par la rédaction d’avocat-immobilier.com, à partir des textes officiels en vigueur et vérifié pour 2026. Mis à jour le 14 juin 2026. Sources : Légifrance : article L145-31 du Code de commerce et Service-public.fr : sous-location du bail commercial. Une question sur votre situation ? L’espace commentaires est ouvert.





