Depuis la loi Pinel du 18 juin 2014, le bail commercial ne laisse plus le bailleur transférer librement toutes ses dépenses au locataire. Le contrat doit désormais détailler, catégorie par catégorie, ce qui revient à chacun. Vous occupez un local et vous vous demandez ce que vous êtes vraiment tenu de payer ? Voici les règles qui encadrent la répartition des charges.
En résumé
Le bail commercial doit comporter un inventaire précis des charges, des impôts et des travaux, avec leur répartition entre bailleur et locataire. Les grosses réparations de l’article 606 du Code civil et les honoraires de gestion des loyers ne peuvent plus être imputés au locataire. Celui-ci supporte l’entretien courant et les charges expressément prévues au bail.
Ce que la loi Pinel a changé
Avant 2014, le bailleur reportait souvent la quasi-totalité des dépenses sur le preneur, parfois sans liste claire. La loi Pinel a mis fin à cette pratique. L’article L145-40-2 du Code de commerce impose un inventaire précis et limitatif des catégories de charges, impôts, taxes et redevances liés au bail. Cet inventaire indique leur répartition entre le bailleur et le locataire.
Cette transparence a une conséquence directe. Tout ce qui n’est pas prévu au contrat ne peut pas être réclamé au locataire. Le texte ne s’applique qu’aux baux conclus ou renouvelés à compter du 5 novembre 2014. Pour les baux antérieurs, les anciennes clauses continuent souvent de produire leurs effets.
| Dépense | En principe à la charge de |
|---|---|
| Entretien courant du local | Locataire |
| Grosses réparations (article 606 du Code civil) | Bailleur |
| Honoraires de gestion des loyers | Bailleur |
| Travaux de vétusté relevant des grosses réparations | Bailleur |
| Charges expressément prévues au bail | Locataire |
Les dépenses qui ne peuvent plus vous être imputées
Le décret du 3 novembre 2014 dresse la liste des dépenses que le bailleur ne peut en aucun cas reporter sur le locataire. On y trouve d’abord les grosses réparations de l’article 606 du Code civil, qui concernent le gros oeuvre. S’y ajoutent les honoraires liés à la gestion des loyers et les travaux de mise en conformité ou de vétusté dès lors qu’ils relèvent de ces grosses réparations.
Une clause du bail qui prévoirait l’inverse serait privée d’effet sur ce point. Le locataire conserve en revanche l’entretien courant et les charges qui figurent expressément au contrat. La frontière se joue souvent sur la nature exacte des travaux.
Le saviez-vous ?
Au-delà de l’inventaire, le bailleur doit communiquer chaque année un état récapitulatif des charges réellement supportées. Il doit aussi remettre un état prévisionnel des travaux qu’il envisage sur les trois années suivantes, accompagné d’un budget estimatif.
Avantages et limites de cet encadrement
Ce cadre protège le locataire contre les reports abusifs, mais il suppose un bail rédigé avec soin. Voici les deux faces de cette transparence.
Ce qui vous protège
Inventaire obligatoire et limitatif des charges. Grosses réparations et honoraires de gestion exclus. État annuel des charges et état prévisionnel des travaux communiqués.
Les points de vigilance
La qualification d’une dépense en grosse réparation ou en entretien prête souvent à discussion. Les baux signés avant le 5 novembre 2014 restent soumis à leurs anciennes clauses.
Ce que dit la loi
L’article L145-40-2 du Code de commerce impose à tout bail commercial un inventaire précis et limitatif des catégories de charges, impôts, taxes et redevances, avec leur répartition entre bailleur et locataire. Le décret du 3 novembre 2014 fixe la liste des dépenses qui ne peuvent en aucun cas être imputées au locataire, dont les grosses réparations de l’article 606 du Code civil.
Vérifier la répartition avant de signer
Avant de vous engager, lisez l’inventaire des charges ligne par ligne. Repérez les postes qui devraient rester au bailleur et qui figureraient pourtant à votre charge. Un poste vague, sans répartition claire, fragilise la clause et peut être contesté.
Le piège classique
Signer un bail dont l’inventaire se contente de lister les charges du locataire sans préciser la répartition par catégorie. Une telle clause ne respecte pas l’article L145-40-2 et peut être écartée. Exigez un inventaire qui distingue clairement ce qui revient au bailleur et ce qui revient au preneur.
Que faire en cas de désaccord
Si le bailleur vous réclame une dépense qui relève des grosses réparations, demandez par écrit la justification et la base contractuelle. Conservez les états annuels et le bail. Un échange amiable règle souvent le litige. À défaut, un avocat en droit immobilier peut analyser la clause et, si besoin, saisir le tribunal compétent.
Pour aller plus loin, vous pouvez consulter nos articles sur la rédaction d’un bail conforme à la loi, sur les recours en cas de loyer commercial trop élevé et sur les charges déductibles des revenus fonciers.
FAQ : charges du locataire commercial
Le bailleur peut-il me facturer les grosses réparations ?
Non. Depuis la loi Pinel, les grosses réparations de l’article 606 du Code civil restent à la charge du bailleur et ne peuvent pas vous être imputées, même par une clause du bail.
Les honoraires de gestion des loyers sont-ils à ma charge ?
Non. Les honoraires liés à la gestion des loyers du bailleur figurent parmi les dépenses qui ne peuvent en aucun cas être reportées sur le locataire.
Que se passe-t-il si le bail ne prévoit pas d’inventaire des charges ?
L’inventaire est obligatoire pour les baux conclus ou renouvelés depuis le 5 novembre 2014. Son absence ou son imprécision fragilise les demandes de paiement du bailleur, qui peuvent être contestées.
Quelles charges puis-je avoir à payer ?
Vous supportez l’entretien courant du local et les charges expressément prévues au bail dans l’inventaire, dès lors qu’elles ne relèvent pas des dépenses exclues par la loi.
📝 À propos de ce guide
Rédigé par la rédaction d’avocat-immobilier.com, à partir des textes officiels en vigueur et vérifié pour 2026. Mis à jour le 14 juin 2026. Sources : Légifrance : article L145-40-2 du Code de commerce et Répartition des charges du bail commercial. Une question sur votre situation ? L’espace commentaires est ouvert.





