Comment résilier un bail d’habitation en cours ?

avocat-immobilier

27 mai 2026

Mettre fin à un bail d’habitation avant son terme n’obéit pas aux mêmes règles selon que vous êtes locataire ou bailleur. La loi du 6 juillet 1989 encadre ce départ de près, avec des délais de préavis, des motifs imposés et une forme précise à respecter. Comprendre qui peut partir, quand et comment vous évite bien des mauvaises surprises.

L’essentiel en bref

Le locataire peut donner congé à tout moment, avec un préavis de trois mois en location vide, réduit à un mois dans plusieurs situations, et d’un mois en meublé. Le bailleur ne peut donner congé qu’à l’échéance du bail, pour vendre, reprendre le logement ou pour un motif légitime et sérieux, avec un préavis de six mois en vide et de trois mois en meublé.

Le locataire peut partir quand il le souhaite

Le locataire bénéficie d’une grande liberté. Il peut résilier son bail à n’importe quel moment, sans avoir à se justifier. La seule contrainte tient au respect d’un préavis, c’est-à-dire d’un délai entre la notification de son congé et son départ effectif. En location vide, ce préavis est de trois mois en principe. En meublé, il tombe à un mois.

Pendant toute la durée du préavis, le loyer reste dû, sauf si le logement est reloué plus tôt avec l’accord du bailleur. Le congé doit être adressé par lettre recommandée avec accusé de réception, par acte de commissaire de justice ou remis en main propre contre signature. Une simple conversation ne suffit pas à enclencher le délai.

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Préavis applicable

SituationPréavisQui décide
Logement vide, cas généralTrois moisLocataire
Logement vide, zone tendue ou cas réduitUn moisLocataire
Logement meubléUn moisLocataire
Congé du bailleur, location videSix moisBailleur, à l’échéance
Congé du bailleur, meubléTrois moisBailleur, à l’échéance

Les cas de préavis réduit à un mois

Plusieurs situations permettent au locataire d’un logement vide de ramener son préavis de trois mois à un seul mois. Le logement situé en zone tendue ouvre ce droit à tous les locataires concernés. D’autres cas tiennent à la vie personnelle ou professionnelle. Une mutation, l’obtention d’un premier emploi, la perte d’un emploi par licenciement ou fin de contrat figurent parmi les motifs reconnus.

S’y ajoutent l’état de santé justifiant un changement de logement, attesté par certificat médical, et le bénéfice de certaines aides comme le revenu de solidarité active ou l’allocation adulte handicapé. Dans tous ces cas, le locataire doit préciser le motif dans sa lettre de congé et joindre un justificatif. Sans cette mention, le préavis de trois mois reste applicable.

Le saviez-vous ?

En meublé, la question du préavis réduit ne se pose pas : le délai est déjà d’un mois pour tous les locataires, sans condition de zone ni de motif. La distinction entre préavis de trois mois et préavis d’un mois ne concerne donc que les logements loués vides.

Le bailleur, lui, ne part pas quand il veut

Le bailleur ne dispose pas de la même souplesse. Il ne peut donner congé qu’à l’échéance du bail, et uniquement pour l’un des trois motifs prévus par la loi. Le congé pour reprise lui permet d’habiter le logement ou d’y loger un proche désigné. Le congé pour vente l’autorise à mettre le bien sur le marché libre. Le motif légitime et sérieux vise par exemple des manquements graves du locataire.

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Le préavis du bailleur est de six mois en location vide et de trois mois en meublé. En cas de congé pour vente d’un logement vide, le locataire bénéficie en outre d’un droit de préemption qui lui permet d’acheter en priorité, aux conditions notifiées. Le formalisme est strict, sous peine de nullité du congé.

Côté locataire

Liberté de partir à tout moment, préavis court en meublé et dans de nombreux cas en vide, aucun motif à fournir pour le principe du congé.

Côté bailleur

Congé possible seulement à l’échéance, motif imposé, préavis long de six mois en vide, formalisme lourd et droit de préemption du locataire en cas de vente.

Ce que dit la loi

L’article 12 de la loi du 6 juillet 1989 pose la liberté du locataire de résilier à tout moment. L’article 15 fixe le congé du bailleur en location vide, ses motifs et son préavis de six mois. L’article 25-8 organise le congé en meublé, avec un préavis d’un mois pour le locataire et de trois mois pour le bailleur.

Comment notifier son congé sans risque

La forme du congé conditionne sa validité. Trois modes sont admis : la lettre recommandée avec accusé de réception, l’acte de commissaire de justice et la remise en main propre contre récépissé ou signature. Le point de départ du préavis correspond à la date de réception du courrier, pas à celle de l’envoi. Mieux vaut donc anticiper ce décalage de quelques jours.

La lettre doit identifier clairement le logement, la date de départ souhaitée et, pour bénéficier d’un préavis réduit, le motif accompagné de son justificatif. Côté bailleur, le congé doit reproduire certaines mentions légales et respecter le délai de six mois avant l’échéance. Une erreur de forme peut rendre le congé inopposable et prolonger la location.

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Le piège classique

Compter le préavis à partir de la date d’envoi du recommandé. Le délai court à compter de la réception par l’autre partie. Un courrier posté trop tard, ou réceptionné avec retard, décale d’autant la date de départ et le dernier loyer dû. Gardez la preuve de réception.

Quitter les lieux et solder le bail

Le départ ne se résume pas à rendre les clés. Un état des lieux de sortie est dressé et comparé à celui d’entrée. Le dépôt de garantie est restitué dans un délai d’un mois si l’état des lieux est conforme, porté à deux mois en cas de dégradations à déduire. Les éventuelles régularisations de charges interviennent aussi à ce moment.

Pour aller plus loin, consultez nos guides sur comment rédiger un bail d’habitation conforme à la loi, sur les droits du locataire en cas de vente du logement et sur les motifs permettant de donner congé à un locataire.

FAQ : résilier un bail d’habitation

Le locataire doit-il justifier son congé ?

Non. Le locataire peut résilier son bail à tout moment sans donner de motif. Il doit seulement respecter le préavis applicable et notifier son congé dans les formes prévues.

Quel préavis en zone tendue pour un logement vide ?

Le préavis est réduit à un mois. Le locataire doit indiquer dans sa lettre de congé que le logement se situe en zone tendue pour bénéficier de ce délai raccourci.

Le bailleur peut-il donner congé en cours de bail ?

Non. Le bailleur ne peut donner congé qu’à l’échéance du bail, pour vendre, reprendre le logement ou pour un motif légitime et sérieux, avec un préavis de six mois en location vide et de trois mois en meublé.

À partir de quand court le préavis ?

Le préavis court à compter de la réception de la lettre de congé par l’autre partie, et non de sa date d’envoi. Conservez la preuve de réception du recommandé.

📝 À propos de ce guide

Rédigé par la rédaction d’avocat-immobilier.com, à partir des textes officiels en vigueur et vérifié pour 2026. Mis à jour le 14 juin 2026. Sources : Service-Public, préavis du congé du locataire et Légifrance, article 15 de la loi du 6 juillet 1989. Une question sur votre situation ? L’espace commentaires est ouvert.

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