Quels motifs permettent de donner congé à un locataire ?

avocat-immobilier

16 mai 2026

Donner congé à un locataire ne se décide pas librement. La loi encadre strictement cette démarche, et le bailleur ne peut reprendre son logement que dans des cas précis, à la fin du bail. Comprendre ces règles évite un congé annulé et des mois de procédure inutiles.

En résumé

Le bailleur ne peut donner congé qu’à l’échéance du bail, et seulement pour trois motifs admis par l’article 15 de la loi du 6 juillet 1989 : la reprise du logement pour y habiter ou y loger un proche, la vente du bien, ou un motif légitime et sérieux. Le préavis est de six mois en location vide et de trois mois en meublé. Le congé doit respecter un formalisme strict, sous peine de nullité.

Quels sont les motifs autorisant le congé d’un locataire par le bailleur

L’article 15 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 ferme la porte aux congés de convenance. Le bailleur ne dispose que de trois motifs pour reprendre la main sur son logement. Hors de ces cas, le bail se reconduit automatiquement et le locataire reste en place.

Le premier motif est la reprise du logement. Le propriétaire récupère le bien pour y habiter lui-même, ou pour y loger un proche : son conjoint, un ascendant, un descendant. Le deuxième motif est la vente du logement, qui ouvre alors un droit de préemption au profit du locataire. Le troisième motif est légitime et sérieux, par exemple des manquements répétés du locataire comme des impayés de loyer ou des troubles de voisinage.

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Chaque motif obéit à ses propres règles de forme. Un congé pour vendre n’a pas le même contenu qu’un congé pour reprise, et une erreur sur ce point suffit à faire tomber la procédure.

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Le tableau suivant récapitule les trois motifs admis et leurs principales contraintes de forme.

Motif du congéConditions principalesPréavis avant l’échéance
Reprise pour habiterLe bailleur ou un proche désigné occupe le logement ; le congé indique le bénéficiaire6 mois en vide, 3 mois en meublé
Vente du logementLe congé vaut offre de vente ; droit de préemption du locataire6 mois en vide, 3 mois en meublé
Motif légitime et sérieuxManquement prouvé du locataire, par exemple impayés ou troubles répétés6 mois en vide, 3 mois en meublé

Quels sont les délais et la procédure à respecter pour notifier un congé

Le congé ne prend effet qu’à l’échéance du bail. Le bailleur doit donc anticiper et notifier sa décision en respectant un préavis de six mois en location vide, ramené à trois mois en location meublée. Ce délai court à compter de la réception de la notification par le locataire.

La notification se fait par lettre recommandée avec accusé de réception, par acte de commissaire de justice, ou par remise en main propre contre récépissé. La date de réception fixe le point de départ du préavis. Un envoi tardif décale d’autant la fin du bail, parfois d’une année entière.

Le saviez-vous ?

Des protections renforcées existent pour les locataires âgés de plus de 65 ans disposant de revenus modestes. Le bailleur ne peut leur donner congé sans leur proposer un logement de remplacement, sauf s’il est lui-même âgé ou modeste. Cette règle figure à l’article 15 de la loi de 1989.

Quelles sont les obligations du bailleur lors d’une reprise pour habiter le logement

La reprise pour habiter exige un congé particulièrement détaillé. Sous peine de nullité, la lettre doit indiquer le nom et l’adresse du bénéficiaire, ainsi que le lien qui l’unit au bailleur. Le logement doit ensuite servir effectivement de résidence au bénéficiaire désigné.

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Un congé pour reprise détourné de son objet expose le propriétaire à des sanctions. Si le logement n’est pas occupé comme annoncé, le locataire évincé peut demander des dommages et intérêts et, dans certains cas, la nullité du congé. La sincérité du motif se vérifie après le départ.

Ce qui sécurise le congé

  • Un motif clairement identifié parmi les trois admis
  • Le préavis calculé depuis la réception, pas l’envoi
  • Le bénéficiaire de la reprise nommé et qualifié
  • Une notification par un moyen donnant date certaine

Ce qui fragilise le congé

  • Un congé délivré en cours de bail, hors échéance
  • Un motif vague ou non prouvé
  • Une reprise fictive non suivie d’occupation
  • L’oubli des protections du locataire âgé modeste

Que recouvre le motif légitime et sérieux pour résilier un bail

Le motif légitime et sérieux vise les manquements du locataire à ses obligations. Les impayés de loyer répétés en constituent l’illustration la plus fréquente, tout comme des troubles de voisinage persistants ou une sous-location non autorisée. Le bailleur doit pouvoir étayer ce grief par des preuves concrètes.

Le juge apprécie la gravité du manquement au cas par cas. Un retard isolé ne suffit pas, alors qu’une accumulation de défaillances justifie le congé. À la différence d’une procédure pour impayés fondée sur une clause résolutoire, ce congé prend effet à l’échéance du bail.

Ce que dit la loi

L’article 15 de la loi du 6 juillet 1989 prévoit que le congé du bailleur doit être justifié, à peine de nullité, soit par sa décision de reprendre ou de vendre le logement, soit par un motif légitime et sérieux. En cas de reprise, le congé indique le nom et l’adresse du bénéficiaire, qui ne peut être que le bailleur ou un proche limitativement énuméré.

Comment le locataire peut-il contester un congé reçu

Le locataire qui estime le congé irrégulier peut en demander l’annulation devant le juge des contentieux de la protection. Il invoque alors un vice de forme, un motif non justifié, ou un préavis mal calculé. Tant que la nullité n’est pas prononcée, le bail se poursuit aux conditions antérieures.

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En cas de congé pour vente, le locataire dispose d’un droit de préemption. Il peut acquérir le logement en priorité, aux prix et conditions notifiés. S’il laisse passer le délai d’acceptation, le propriétaire reste libre de vendre à un tiers, mais pas à un prix inférieur sans nouvelle offre.

Le piège classique

Croire qu’un congé peut être délivré à tout moment. Le bailleur ne peut reprendre son logement qu’à la date d’échéance du bail, jamais en cours de contrat. Un congé notifié trop tard pour respecter le préavis ne prend pas effet à l’échéance prévue : il reporte la sortie à la période suivante, soit souvent une année de plus.

Comment un particulier peut-il sécuriser la fin d’un bail et éviter les erreurs coûteuses

Sécuriser un congé suppose de vérifier trois points : un motif recevable, un préavis exact, une notification datée. Mieux vaut préparer la lettre plusieurs mois avant l’échéance et conserver la preuve de réception. En cas de doute sur la rédaction, un avocat relit le projet et écarte les risques de nullité.

La fin d’un bail s’inscrit dans un cadre plus large. Pour aller plus loin, consultez nos guides sur comment récupérer son logement à la fin d’un bail, sur la durée d’un bail d’habitation et sur la rédaction d’un bail conforme à la loi. Si vous envisagez la vente, voyez aussi la fiscalité de la vente d’un logement loué.

FAQ : donner congé à un locataire

Peut-on donner congé à un locataire en cours de bail ?

Non. Le bailleur ne peut donner congé qu’à l’échéance du bail, en respectant le préavis légal de six mois en location vide ou trois mois en meublé. Un congé en cours de contrat est sans effet.

Quels sont les trois motifs admis pour donner congé ?

La reprise du logement pour y habiter ou loger un proche, la vente du bien, ou un motif légitime et sérieux comme des impayés répétés. Hors de ces cas, le bail se reconduit.

Quel préavis le bailleur doit-il respecter ?

Le préavis est de six mois avant l’échéance pour une location vide, et de trois mois pour une location meublée. Il court à compter de la réception de la notification par le locataire.

Le locataire peut-il s’opposer au congé ?

Oui. Il peut saisir le juge pour contester un congé irrégulier, par exemple un motif non justifié ou un préavis mal calculé. En cas de congé pour vente, il bénéficie d’un droit de préemption.

📝 À propos de ce guide

Rédigé par la rédaction d’avocat-immobilier.com, à partir des textes officiels en vigueur et vérifié pour 2026. Mis à jour le 14 juin 2026. Sources : Légifrance : article 15 de la loi du 6 juillet 1989 et Service-Public : congé du bailleur. Une question sur votre situation ? L’espace commentaires est ouvert.

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