Signer un bail ne se résume pas à parapher un contrat. La loi encadre précisément ce que le bailleur doit annexer au document et, à l’inverse, ce qu’il peut demander au candidat locataire. Connaître ces règles protège les deux parties et évite bien des litiges.
L’essentiel en bref
À la signature, le bailleur annexe au bail le dossier de diagnostics techniques, l’état des lieux d’entrée, une notice d’information et, en copropriété, les extraits utiles du règlement. Côté locataire, seules les pièces figurant sur une liste fixée par décret peuvent être exigées. Certaines pièces, comme un relevé de compte bancaire ou la carte vitale, sont interdites.
Quels documents d’identité le locataire doit-il présenter lors de la signature du bail ?
Le bailleur peut demander au candidat une pièce justificative d’identité en cours de validité, avec photographie. Une carte nationale d’identité, un passeport ou un titre de séjour répondent à cette exigence. La règle vise à s’assurer de l’identité réelle de la personne qui s’engage.
La liste des pièces autorisées est limitative. Elle est fixée par le décret n° 2015-1437 du 5 novembre 2015, pris en application de la loi du 6 juillet 1989. Tout ce qui n’y figure pas ne peut pas être réclamé, sous peine de sanction.
Cette logique protège le candidat contre les demandes excessives. Un bailleur qui exige une pièce interdite s’expose à une amende administrative.
Quels justificatifs de domicile et de revenus sont exigés du locataire ?
Pour le domicile, le bailleur peut réclamer un justificatif unique, par exemple les trois dernières quittances de loyer ou une attestation du précédent bailleur. Pour les ressources, plusieurs pièces sont admises : bulletins de salaire, avis d’imposition, attestation d’employeur ou justificatifs d’activité.
Là encore, tout passe par la liste du décret de 2015. Le bailleur compose son dossier en piochant parmi les pièces autorisées, sans pouvoir en ajouter d’autres. L’objectif est d’apprécier la solvabilité sans tomber dans l’intrusion.
Le candidat a tout intérêt à préparer un dossier complet et conforme. Un dossier clair rassure le bailleur et accélère la signature.
| Document | Qui le fournit | Statut |
|---|---|---|
| Dossier de diagnostics techniques | Le bailleur | Obligatoire, annexé au bail |
| État des lieux d’entrée | Les deux parties | Obligatoire à la remise des clés |
| Notice d’information | Le bailleur | Obligatoire, annexée au bail |
| Pièce d’identité du locataire | Le locataire | Peut être exigée |
| Relevé de compte bancaire | Le locataire | Interdit à la demande |
Quels autres documents le propriétaire doit-il remettre au locataire lors de la signature ?
Le bailleur ne se contente pas de recevoir des pièces, il doit aussi en remettre. La loi du 6 juillet 1989 lui impose d’annexer au bail une notice d’information sur les droits et obligations de chacun et sur les voies de résolution des litiges. Son contenu est fixé par arrêté.
S’ajoutent l’état des lieux d’entrée, établi contradictoirement à la remise des clés, et le dossier de diagnostics techniques. Ces documents font partie intégrante du contrat et engagent le bailleur.
Remettre ces pièces dès la signature protège le locataire et sécurise le bailleur. Un bail incomplet peut être source de contestation par la suite.
💡 Le saviez-vous ?
La liste des pièces interdites est large. Un bailleur ne peut réclamer ni photographie d’identité hors pièce officielle, ni carte vitale, ni relevé de compte bancaire, ni attestation d’absence de crédit. Ces interdictions visent à protéger la vie privée du candidat et à éviter toute discrimination dans la sélection des locataires.
Quels sont les documents relatifs au dépôt de garantie et à l’assurance exigés ?
Le dépôt de garantie n’est pas un document, mais son versement et son montant figurent dans le bail. Pour une location vide, il est plafonné à un mois de loyer hors charges. Le contrat doit en préciser le montant et les conditions de restitution.
Côté assurance, le locataire doit justifier d’une assurance couvrant les risques locatifs, en principe à la remise des clés puis chaque année. Le bailleur peut réclamer cette attestation, qui conditionne la bonne exécution du bail.
Ces éléments sont distincts des pièces de constitution du dossier. Ils relèvent de l’exécution du contrat plutôt que de la sélection du candidat.
Ce que le bailleur doit remettre
Le dossier de diagnostics techniques.
L’état des lieux d’entrée.
La notice d’information annexée au bail.
Ce que le locataire peut fournir
Une pièce d’identité valide.
Un justificatif de domicile et de ressources.
Une attestation d’assurance habitation.
⚖️ Ce que dit la loi
L’article 3 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 impose d’annexer au bail le dossier de diagnostics techniques, la notice d’information et, en copropriété, les extraits utiles du règlement. Le décret n° 2015-1437 du 5 novembre 2015 fixe la liste limitative des pièces pouvant être demandées au candidat et à sa caution.
Quelles formalités spécifiques s’appliquent en copropriété ou en cas de situation particulière ?
Quand le logement se trouve dans un immeuble en copropriété, le bailleur doit communiquer au locataire les extraits du règlement de copropriété qui le concernent. Sont visées les parties relatives à la destination de l’immeuble, à l’usage des parties privatives et communes, et à la répartition des charges.
D’autres situations appellent des pièces supplémentaires. Une location meublée suppose un inventaire du mobilier annexé au bail. Un bail mobilité ou un logement étudiant obéit à des règles propres qu’il faut vérifier au cas par cas.
Ces formalités ne sont pas de simples détails. Une information incomplète sur la copropriété peut nourrir un futur litige entre bailleur et locataire.
⚠️ Le piège classique
Réclamer une pièce interdite pour mieux sélectionner. Un bailleur qui exige un relevé de compte, un dépôt sur compte bloqué ou une attestation d’absence de crédit dépasse la liste légale. Au-delà du risque d’amende, ces demandes peuvent être perçues comme discriminatoires et fragiliser la relation dès le départ.
Quels documents sont à fournir pour un garant lors de la signature d’un bail ?
Le garant, ou caution, s’engage à payer en cas de défaillance du locataire. Le bailleur peut lui demander des justificatifs, mais là encore dans les limites du décret de 2015, qui consacre une annexe spécifique aux pièces de la caution.
En pratique, on retrouve une pièce d’identité, un justificatif de domicile et des justificatifs de ressources, comparables à ceux du locataire. L’acte de cautionnement doit par ailleurs respecter un formalisme précis pour être valable.
Un cautionnement mal rédigé peut être annulé. Mieux vaut s’assurer que toutes les mentions exigées y figurent avant la signature.
Quels sont les diagnostics techniques obligatoires à joindre au bail ?
Le dossier de diagnostics techniques varie selon le bien, mais quelques pièces reviennent presque toujours. Le diagnostic de performance énergétique et l’état des risques sont exigés pour la plupart des logements. Selon l’âge et la nature du bien s’ajoutent le constat plomb, l’amiante, l’état de l’installation de gaz ou d’électricité.
Ces diagnostics renseignent le locataire sur l’état réel du logement avant de s’engager. Ils sont annexés au bail à la signature, et certains conditionnent même la validité de la location.
Un dossier de diagnostics incomplet ou périmé expose le bailleur. Mieux vaut vérifier les dates de validité avant de proposer le logement à la location.
Comment sécuriser la signature du bail et éviter les litiges ?
La meilleure prévention tient à la méthode. Préparez un bail conforme au contrat type réglementaire, rassemblez l’ensemble des annexes obligatoires et relisez chaque clause avant de signer. Un contrat clair limite les zones d’ombre.
L’état des lieux d’entrée mérite un soin particulier. Décrit avec précision, photos à l’appui, il évite des discussions sans fin au moment de la restitution du dépôt de garantie. Les deux parties ont intérêt à le remplir sérieusement.
En cas de doute sur une clause ou une situation atypique, l’avis d’un avocat en droit immobilier sécurise l’opération. Mieux vaut clarifier en amont que plaider après coup.
Pour compléter votre lecture, découvrez comment rédiger un bail conforme, quelle est la durée d’un bail d’habitation, et quelles sont les obligations du propriétaire bailleur.
FAQ : les documents obligatoires pour signer un bail
Quels documents le bailleur doit-il annexer au bail ?
Le bailleur annexe le dossier de diagnostics techniques, l’état des lieux d’entrée, une notice d’information et, en copropriété, les extraits utiles du règlement de copropriété.
Quelles pièces sont interdites de demande au locataire ?
Sont notamment interdits le relevé de compte bancaire, la carte vitale, la photographie d’identité hors pièce officielle et l’attestation d’absence de crédit. La liste autorisée est fixée par décret.
Quel est le plafond du dépôt de garantie ?
Pour une location vide, le dépôt de garantie est plafonné à un mois de loyer hors charges. Son montant et ses conditions de restitution doivent figurer dans le bail.
Quels justificatifs peut-on demander au garant ?
Le bailleur peut demander au garant une pièce d’identité, un justificatif de domicile et des justificatifs de ressources, dans les limites fixées par le décret du 5 novembre 2015.
📝 À propos de ce guide
Rédigé par la rédaction d’avocat-immobilier.com, à partir des textes officiels en vigueur et vérifié pour 2026. Mis à jour le 14 juin 2026. Sources : Légifrance : article 3 de la loi n° 89-462 et Légifrance : décret n° 2015-1437 sur les pièces justificatives. Une question sur votre situation ? L’espace commentaires est ouvert.





