Monter les étages à pied devient pénible avec l’âge ou un handicap. Beaucoup de copropriétaires aimeraient alors équiper leur immeuble d’un ascenseur. Le projet se heurte pourtant à une règle de vote exigeante, qui explique de nombreux blocages en assemblée. Comprendre cette majorité, et les assouplissements liés à l’accessibilité, aide à savoir quels recours restent envisageables.
En résumé
Installer un ascenseur dans un immeuble qui n’en a pas est une amélioration. La décision relève de la majorité renforcée de l’article 26 de la loi du 10 juillet 1965, soit la double majorité des copropriétaires représentant au moins les deux tiers des voix. Pour des travaux d’accessibilité aux personnes handicapées ou à mobilité réduite, des règles plus souples peuvent s’appliquer. En cas de refus, les recours restent limités.
Un ascenseur, une amélioration au sens de la loi
Doter un immeuble d’un ascenseur qu’il ne possédait pas constitue une amélioration. Cette qualification a des conséquences directes sur le vote. Une amélioration n’est pas un simple entretien ni une réparation. Elle ajoute un équipement nouveau qui change le confort de l’immeuble.
Cette nature explique l’exigence d’une majorité élevée. Le législateur a voulu protéger les copropriétaires contre des dépenses lourdes imposées par une minorité. L’ascenseur représente un investissement important et des charges d’entretien durables. La règle de vote reflète cet enjeu financier.
| Type de projet | Majorité applicable | Difficulté |
|---|---|---|
| Ascenseur (amélioration) | Article 26 : majorité des copropriétaires représentant au moins les deux tiers des voix | Élevée, blocages fréquents |
| Travaux d’accessibilité (sous conditions) | Règles allégées si la structure et les équipements essentiels ne sont pas affectés | Plus accessible |
| Projet refusé | Réinscription possible, recours limités | Variable |
La double majorité de l’article 26
L’article 26 de la loi du 10 juillet 1965 fixe la majorité applicable aux travaux d’amélioration. Il faut réunir la majorité des copropriétaires représentant au moins les deux tiers des voix. Cette double exigence est plus dure à atteindre que la majorité simple. Elle suppose un large soutien dans l’immeuble.
Concrètement, une minorité significative suffit à faire échouer le projet. C’est la raison du nombre de blocages constatés. Un copropriétaire isolé qui porte le projet doit donc convaincre largement avant l’assemblée. La pédagogie et un plan de financement clair pèsent lourd dans le vote.
Le saviez-vous ?
L’article 26 prévoit un mécanisme de seconde lecture. Lorsque le projet n’atteint pas la majorité requise mais recueille l’approbation de la majorité des copropriétaires représentant au moins les deux tiers des voix des présents et représentés, une nouvelle assemblée peut être convoquée pour statuer à cette majorité.
Les règles propres à l’accessibilité
Quand les travaux visent l’accessibilité des personnes handicapées ou à mobilité réduite, la loi a prévu des assouplissements. Sous certaines conditions, ces travaux peuvent être adoptés à une majorité plus faible. L’idée est de ne pas laisser une minorité bloquer une mise en accessibilité légitime.
Cet assouplissement suppose toutefois que les travaux n’affectent pas la structure de l’immeuble ni ses équipements essentiels. Si cette condition n’est pas remplie, le projet redevient une amélioration classique soumise à l’article 26. La frontière mérite une analyse technique au cas par cas.
Leviers favorables
Inscription du projet à l’ordre du jour. Présentation d’un financement chiffré. Argument de l’accessibilité aux personnes à mobilité réduite. Mécanisme de seconde lecture de l’article 26.
Obstacles fréquents
Majorité de l’article 26 difficile à réunir. Coût élevé de l’installation. Charges d’entretien durables. Recours très limités après un refus régulier.
Ce que dit la loi
L’article 26 de la loi du 10 juillet 1965 soumet les travaux d’amélioration, dont l’installation d’un ascenseur, à la majorité des copropriétaires représentant au moins les deux tiers des voix. Des dispositions particulières peuvent alléger le vote pour les travaux d’accessibilité aux personnes handicapées ou à mobilité réduite, sous conditions tenant à la structure et aux équipements essentiels.
Quels recours après un refus
Lorsque l’assemblée refuse régulièrement le projet, les recours restent limités. Le vote majoritaire exprime la volonté de la copropriété, et le juge ne se substitue pas à elle sur un choix d’opportunité. Contester une décision suppose un motif sérieux, comme une irrégularité de convocation ou un abus de majorité.
Une voie plus réaliste consiste à représenter le projet sous l’angle de l’accessibilité. Un copropriétaire peut aussi affiner le financement et répondre aux objections soulevées. Les situations liées au handicap ouvrent parfois des marges de manœuvre que le projet d’amélioration classique n’offre pas.
Le piège classique
Penser que le juge imposera l’ascenseur après un refus de l’assemblée. Un vote régulier traduit une décision de la copropriété, que le juge ne remplace pas. Contester suppose une irrégularité ou un abus de majorité, et non un simple désaccord avec le résultat du vote.
Pour aller plus loin
Pour approfondir, consultez nos guides sur les travaux qui nécessitent un vote en assemblée générale, sur la répartition des charges entre vendeur et acheteur d’un lot, et sur la gestion d’une copropriété en difficulté financière.
FAQ : installation d’un ascenseur en copropriété
Quelle majorité pour installer un ascenseur ?
La majorité de l’article 26 de la loi du 10 juillet 1965, soit la double majorité des copropriétaires représentant au moins les deux tiers des voix. Cette exigence élevée explique de nombreux blocages.
Les travaux d’accessibilité bénéficient-ils de règles plus souples ?
Oui, sous conditions. Si les travaux n’affectent ni la structure de l’immeuble ni ses équipements essentiels, ils peuvent être votés à une majorité allégée. À défaut, ils relèvent de l’article 26.
Que faire si l’assemblée refuse le projet ?
Vous pouvez le réinscrire à l’ordre du jour avec un financement précis, ou l’aborder sous l’angle de l’accessibilité. Les recours contre un refus régulier restent limités.
Le juge peut-il imposer l’ascenseur ?
Non, sauf irrégularité ou abus de majorité. Un vote régulier exprime la décision de la copropriété, que le juge ne remplace pas sur un simple choix d’opportunité.
📝 À propos de ce guide
Rédigé par la rédaction d’avocat-immobilier.com, à partir des textes officiels en vigueur et vérifié pour 2026. Mis à jour le 14 juin 2026. Sources : Légifrance : article 26 de la loi du 10 juillet 1965 et Service-Public : décisions et votes en assemblée de copropriété. Une question sur votre situation ? L’espace commentaires est ouvert.





