Une toiture menace de céder, une canalisation cède et inonde les caves, mais rien ne bouge. Quand l’immeuble est en péril et que la copropriété tarde, le copropriétaire n’est pas démuni. Le syndic dispose de pouvoirs propres face à l’urgence, et le juge peut être saisi en cas d’inaction. Encore faut-il connaître la marche à suivre.
En résumé
Pour des travaux urgents nécessaires à la sauvegarde de l’immeuble, le syndic peut agir de sa propre initiative sans attendre un vote, puis convoque une assemblée pour ratifier. Si le syndic ou la copropriété restent inactifs face à un danger, un copropriétaire peut saisir le juge en référé pour faire ordonner les travaux ou être autorisé à les réaliser.
Ce que le syndic peut faire seul
Le syndic administre l’immeuble et veille à sa conservation. L’article 18 de la loi du 10 juillet 1965 lui permet, en cas d’urgence, de faire procéder de sa propre initiative à l’exécution des travaux nécessaires à la sauvegarde de l’immeuble. Il n’a pas besoin d’attendre un vote en assemblée pour engager une intervention qui ne peut pas attendre.
Ce pouvoir n’est pas un blanc-seing. Le syndic apprécie l’urgence sous sa responsabilité. Le simulateur ci-dessous vous oriente selon le blocage que vous rencontrez.
| Situation | Qui agit | Comment |
|---|---|---|
| Urgence avérée, syndic réactif | Le syndic | Exécution immédiate, puis ratification en assemblée |
| Syndic inactif face au danger | Le copropriétaire | Mise en demeure, puis référé devant le juge |
| Copropriété qui refuse de voter | Le copropriétaire | Référé pour être autorisé à faire les travaux |
La ratification en assemblée
Une fois l’intervention lancée, le syndic ne peut pas s’en tenir là. L’article 37 du décret du 17 mars 1967 lui impose d’informer immédiatement les copropriétaires et de convoquer une assemblée générale pour faire ratifier les travaux. Cette étape valide la dépense engagée et son financement. L’approbation des comptes ne suffit pas à elle seule à ratifier l’intervention.
Le saviez-vous ?
Pour ouvrir le chantier et financer son démarrage, le syndic peut, après avis du conseil syndical lorsqu’il existe, demander aux copropriétaires une provision. Celle-ci ne peut pas dépasser le tiers du montant estimé des travaux.
Saisir le juge en cas d’inaction
Si le syndic ne réagit pas malgré un danger, commencez par le mettre en demeure d’agir par écrit. En l’absence de réaction, un copropriétaire peut saisir le juge en référé. Cette procédure rapide permet de faire ordonner les travaux ou d’obtenir l’autorisation de les réaliser soi-même, aux frais du syndicat. Documenter l’urgence par des constats et des devis est ici décisif.
Bons réflexes
Faire constater le danger par un professionnel. Conserver photos, courriers et devis. Privilégier la mise en demeure avant le contentieux.
À éviter
Engager seul des travaux lourds sans constat ni autorisation. Sans preuve de l’urgence, le remboursement par le syndicat devient incertain.
Ce que dit la loi
L’article 18 de la loi du 10 juillet 1965 autorise le syndic à faire procéder, en cas d’urgence, aux travaux nécessaires à la sauvegarde de l’immeuble. L’article 37 du décret du 17 mars 1967 lui impose alors d’informer les copropriétaires et de convoquer une assemblée pour ratifier l’intervention.
La responsabilité du syndicat
Rester passif face à un péril n’est pas neutre. Si un dommage survient parce que des travaux urgents n’ont pas été réalisés, la responsabilité du syndicat des copropriétaires peut être engagée. L’inaction collective peut donc coûter bien plus cher que l’intervention elle-même.
Le piège classique
Attendre la prochaine assemblée pour traiter une fuite majeure ou une structure fragilisée. Le retard aggrave le sinistre et complique la prise en charge. Face à un danger réel, l’urgence justifie d’agir sans attendre le vote.
Constituer un dossier solide
Que l’on saisisse le syndic ou le juge, la preuve fait la différence. Un constat d’huissier, un rapport d’expert, des photographies datées et plusieurs devis établissent la réalité et l’ampleur du danger. Ce dossier sécurise la demande et facilite le remboursement des sommes avancées.
Pour aller plus loin : quels travaux nécessitent un vote en assemblée générale, comment répartir les charges de copropriété et quels recours contre des nuisances sonores en copropriété.
FAQ : travaux urgents en copropriété
Le syndic peut-il agir sans vote ?
Oui, en cas d’urgence. L’article 18 de la loi du 10 juillet 1965 lui permet de faire procéder de sa propre initiative aux travaux nécessaires à la sauvegarde de l’immeuble, à charge ensuite de convoquer une assemblée pour les ratifier.
Que faire si le syndic reste inactif ?
Mettez-le en demeure d’agir par écrit. En l’absence de réaction face à un danger, un copropriétaire peut saisir le juge en référé pour faire ordonner les travaux ou être autorisé à les réaliser.
Un copropriétaire peut-il avancer les travaux ?
En cas d’urgence avérée et après autorisation du juge en référé, un copropriétaire peut faire réaliser les travaux nécessaires à la sauvegarde de l’immeuble, aux frais du syndicat.
L’inaction de la copropriété est-elle risquée ?
Oui. Si un dommage résulte de l’absence de travaux urgents face à un péril, la responsabilité du syndicat des copropriétaires peut être engagée.
📝 À propos de ce guide
Rédigé par la rédaction d’avocat-immobilier.com, à partir des textes officiels en vigueur et vérifié pour 2026. Mis à jour le 14 juin 2026. Sources : Légifrance : article 18 de la loi du 10 juillet 1965 et Légifrance : loi du 10 juillet 1965. Une question sur votre situation ? L’espace commentaires est ouvert.





