Fixer le loyer d’un bail commercial répond à des règles précises, qui varient selon que vous êtes à la signature, en cours de bail ou au moment du renouvellement. Bien les connaître vous évite des litiges coûteux et des surprises au fil des années. Voici ce que prévoit le Code de commerce, étape par étape, pour sécuriser votre situation.
En résumé
Le loyer initial se fixe librement entre les parties. En cours de bail, il se révise en principe tous les trois ans, dans la limite d’un indice de référence (ILC ou ILAT). Au renouvellement, le loyer est plafonné selon la variation de cet indice, sauf cas de déplafonnement. Une clause d’échelle mobile peut aussi être prévue.
La fixation du loyer à la signature
À la conclusion du bail, le loyer est librement fixé entre le bailleur et le locataire. Aucun plafond légal ne s’impose à ce stade. Les parties négocient le montant selon l’emplacement, la surface et l’état du local.
Cette liberté contractuelle reste la règle de départ. Elle explique pourquoi le bail commercial mérite une attention particulière dès sa rédaction. Le montant retenu servira de base à toutes les évolutions ultérieures du loyer.
| Moment | Règle de fixation | Référence |
|---|---|---|
| Signature | Loyer librement fixé entre les parties | Liberté contractuelle |
| Révision en cours de bail | En principe tous les trois ans, plafonnée par l’indice | Articles L145-37 et L145-38 |
| Renouvellement | Plafonnement selon la variation de l’indice, sauf déplafonnement | Articles L145-33 et L145-34 |
La révision en cours de bail
Une fois le bail signé, le loyer ne reste pas figé. La révision triennale permet de l’ajuster en principe tous les trois ans, à compter de l’entrée dans les lieux, du dernier renouvellement ou de la précédente révision. Cette faculté est ouverte au bailleur comme au locataire.
La hausse autorisée est plafonnée par la variation de l’indice de référence inscrit au bail. Les commerces relèvent en général de l’indice des loyers commerciaux. Les bureaux et activités tertiaires relèvent de l’indice des loyers des activités tertiaires.
Le saviez-vous ?
Les parties peuvent insérer une clause d’échelle mobile dans le bail. Le loyer s’indexe alors automatiquement chaque année sur l’indice choisi, sans attendre l’échéance triennale. Cette clause se cumule avec le mécanisme légal de révision, dans le respect des règles du Code de commerce.
Le loyer au renouvellement
Au terme du bail, le renouvellement ouvre une nouvelle période. Le loyer du bail renouvelé est en principe plafonné, conformément à l’article L145-34 du Code de commerce. La hausse ne peut excéder la variation de l’indice depuis la fixation initiale du loyer expiré.
Ce plafonnement protège le locataire contre une augmentation brutale. Il connaît toutefois des exceptions, qui permettent au loyer d’être fixé à la valeur locative réelle. C’est ce que l’on appelle le déplafonnement.
Atouts du plafonnement
Le locataire bénéficie d’une hausse encadrée au renouvellement. La prévisibilité du loyer facilite la gestion de la trésorerie et limite les contentieux entre les parties.
Points de vigilance
Le déplafonnement peut s’appliquer, par exemple après un bail de plus de neuf ans ou une modification notable des facteurs locaux de commercialité. Le loyer rejoint alors la valeur locative.
Ce que dit la loi
L’article L145-34 du Code de commerce pose le principe du plafonnement du loyer renouvelé selon la variation de l’indice trimestriel des loyers commerciaux ou des activités tertiaires. L’article L145-33 énumère les éléments de la valeur locative, dont les facteurs locaux de commercialité, dont la modification notable peut justifier un déplafonnement.
Quand le loyer peut-il être déplafonné ?
Le déplafonnement écarte la règle du plafonnement et permet de fixer le loyer à la valeur locative. Il peut intervenir en cas de modification notable des facteurs locaux de commercialité, ayant entraîné une variation de la valeur locative. Un bail dont la durée dépasse neuf ans peut également ouvrir cette possibilité.
Lorsque le déplafonnement s’applique, la hausse annuelle reste encadrée. Pour une année donnée, l’augmentation ne peut dépasser dix pour cent du loyer acquitté l’année précédente. Ce lissage adoucit l’effet d’un passage à la valeur locative.
Le piège classique
Beaucoup de parties signent un bail sans préciser l’indice de référence ni le trimestre retenu. Cette imprécision complique ensuite chaque révision et peut nourrir un litige. Mieux vaut fixer clairement l’indice et ses modalités dès la signature, plutôt que de les découvrir au premier désaccord.
Bien sécuriser le loyer dès le départ
Encadrer ces règles dès la conclusion du bail reste la meilleure protection. Une clause d’indexation rédigée avec soin, un indice clairement désigné et des modalités de révision explicites limitent les zones d’ombre. Le locataire comme le bailleur y gagnent en sécurité.
En cas de doute sur la fixation ou la révision du loyer, un accompagnement juridique permet de vérifier la conformité des clauses. Cela évite des contentieux qui se nouent souvent des années après la signature.
Pour aller plus loin : comment renouveler un bail commercial, les droits d’un locataire commercial en fin de bail et les recours pour résilier un bail commercial sans indemnité.
FAQ : fixer le loyer d’un bail commercial
Le loyer initial d’un bail commercial est-il libre ?
Oui. À la signature, le loyer est librement fixé entre le bailleur et le locataire. Aucun plafond légal ne s’applique à ce stade : le montant dépend de la négociation et des caractéristiques du local.
Tous les combien le loyer peut-il être révisé ?
La révision triennale permet en principe d’ajuster le loyer tous les trois ans. La hausse est plafonnée par la variation de l’indice de référence, l’indice des loyers commerciaux ou celui des activités tertiaires selon l’activité.
Qu’est-ce que le plafonnement au renouvellement ?
Au renouvellement, l’article L145-34 du Code de commerce limite la hausse du loyer à la variation de l’indice depuis la fixation initiale du loyer expiré. Ce plafonnement protège le locataire d’une augmentation brutale, sauf cas de déplafonnement.
Dans quels cas le loyer peut-il être déplafonné ?
Le déplafonnement peut intervenir en cas de modification notable des facteurs locaux de commercialité ou pour un bail de plus de neuf ans. Le loyer rejoint alors la valeur locative, la hausse annuelle restant limitée à dix pour cent du loyer de l’année précédente.
📝 À propos de ce guide
Rédigé par la rédaction d’avocat-immobilier.com, à partir des textes officiels en vigueur et vérifié pour 2026. Mis à jour le 14 juin 2026. Sources : Légifrance : article L145-34 du Code de commerce et Service-public : loyer du bail commercial. Une question sur votre situation ? L’espace commentaires est ouvert.





