Un divorce s’accompagne souvent de la vente du logement, et la fiscalité s’invite vite dans les discussions. Deux questions reviennent : la plus-value sera-t-elle taxée, et combien coûte le partage des biens ? Ce guide répond aux deux, textes officiels à l’appui.
L’essentiel en bref
Si le bien vendu était la résidence principale du couple, la plus-value reste exonérée, y compris pour l’époux qui a quitté le logement, sous conditions de délai.
Le partage des biens entraîne un droit de partage, au taux réduit de 1,1 % depuis 2022 pour un divorce ou une rupture de PACS, calculé sur la valeur nette partagée.
Ce droit s’applique aussi quand l’un rachète la part de l’autre par une soulte.
Quels impôts prévoir lors d’une vente immobilière en cas de divorce
La vente du logement pendant un divorce met en jeu deux mécanismes fiscaux distincts. Le premier concerne la plus-value, c’est-à-dire le gain réalisé entre l’achat et la vente. Le second porte sur le partage des biens entre les ex-époux, qui déclenche un droit spécifique.
Ces deux impôts répondent à des logiques différentes. La plus-value peut être totalement exonérée s’il s’agit de la résidence principale, alors que le droit de partage s’applique dès lors que les biens sont répartis. Confondre les deux conduit souvent à mal anticiper le coût réel de la séparation.
Le widget ci-dessous précise le traitement fiscal selon votre situation. Sélectionnez le scénario qui correspond à votre cas pour savoir ce qui vous attend.
| Situation | Impôt concerné | Traitement |
|---|---|---|
| Vente de la résidence principale | Plus-value | Exonérée sous conditions de délai |
| Partage des biens entre ex-époux | Droit de partage | 1,1 % de la valeur nette partagée |
| Rachat de part (soulte) | Droit de partage | 1,1 % appliqué à l’opération |
| Vente d’une résidence secondaire | Plus-value | Imposable selon le régime de droit commun |
Quand la plus-value est-elle exonérée après un divorce
La règle de base est favorable : la vente de la résidence principale n’est pas soumise à l’impôt sur la plus-value. Cette exonération vaut pour le couple, mais aussi pour l’époux qui a quitté le logement au moment de la séparation, ce qui surprend souvent.
Plusieurs conditions encadrent cet avantage. Le bien doit avoir constitué la résidence principale du couple au moment de la séparation, être resté occupé par l’autre ex-époux jusqu’à la vente, et celle-ci doit intervenir dans un délai normal. L’administration apprécie ce délai au cas par cas selon le marché local.
Un délai d’environ un an est en principe retenu comme maximum, mais il peut être dépassé si les circonstances le justifient, par exemple un marché peu dynamique. Garder une trace des démarches de mise en vente aide à démontrer la bonne foi.
💡 Le saviez-vous ?
L’époux qui quitte le domicile conjugal ne perd pas l’exonération de plus-value sur la résidence principale. Tant que le bien reste la résidence principale de l’autre et que la vente intervient dans un délai normal, les deux ex-époux échappent à l’impôt sur le gain.
Comment fonctionne le droit de partage
Quand les ex-époux se répartissent leurs biens, l’opération de partage donne lieu à un droit fiscal. Depuis le 1er janvier 2022, ce droit de partage est passé à un taux réduit de 1,1 % pour les partages liés à un divorce ou à une rupture de PACS. Auparavant, il s’élevait à un taux nettement plus élevé.
L’assiette de calcul est la valeur nette des biens partagés, soit l’actif partagé diminué des dettes qui le grèvent. Si le couple détenait un logement valorisé après remboursement du prêt, c’est cette valeur nette qui sert de base.
Le mécanisme s’applique aussi à la soulte : lorsque l’un rachète la part de l’autre pour conserver le logement, le droit de partage de 1,1 % entre en jeu. Anticiper ce coût évite les mauvaises surprises au moment de signer chez le notaire.
✓ Vendre puis partager le prix
Plus-value exonérée si résidence principale.
Répartition simple du produit de la vente.
Droit de partage sur la valeur nette répartie.
✗ Racheter la part par une soulte
Droit de partage de 1,1 % sur l’opération.
Besoin de financer le rachat de la part.
Frais de notaire à prévoir sur l’acte.
⚖️ Ce que dit la loi
L’article 150 U du Code général des impôts pose l’exonération de la plus-value pour la cession de la résidence principale.
L’article 746 du même code fixe le droit de partage, ramené à 1,1 % depuis le 1er janvier 2022 pour les partages consécutifs à un divorce ou à une rupture de PACS.
Quelles démarches fiscales après la vente
La plus-value, lorsqu’elle est imposable, est déclarée et payée par l’intermédiaire du notaire au moment de la vente. Pour la résidence principale exonérée, aucune somme n’est due, mais l’acte mentionne le motif de l’exonération.
Le droit de partage, lui, est liquidé sur l’acte de partage ou de liquidation du régime matrimonial, là encore par le notaire. Sa base correspond à la valeur nette des biens répartis, qu’il convient d’évaluer avec soin pour éviter une rectification ultérieure.
Quand un seul ex-époux conserve le bien, l’acte de rachat précise le montant de la soulte et le droit de partage applicable. Conserver tous les justificatifs de valeur facilite la déclaration et sécurise la position de chacun.
⚠️ Le piège classique
Croire que tout est exonéré parce qu’il s’agit d’un divorce. La plus-value de la résidence principale échappe à l’impôt, mais le droit de partage de 1,1 % reste dû sur la valeur nette des biens répartis. Oublier ce coût fausse le calcul de ce que chacun reçoit vraiment.
Comment anticiper la répartition de l’impôt
Plus le sujet fiscal est abordé tôt, plus la séparation se déroule sereinement. Estimer la valeur nette des biens, le coût du droit de partage et la situation de la plus-value donne une vision claire de ce que chacun percevra réellement.
Le choix entre vendre le bien ou racheter la part de l’autre dépend autant du budget que de la fiscalité. Un rachat par soulte conserve le logement mais suppose un financement et le paiement du droit de partage. Une vente partage le prix mais met fin à l’indivision.
Un notaire ou un avocat peut chiffrer les deux scénarios avant toute décision. Cette projection évite les regrets et permet de répartir l’impôt en connaissance de cause, sans découvrir le coût réel après la signature.
Pour compléter votre lecture, ces guides détaillent chaque mécanisme. Approfondissez l’exonération fiscale sur la vente de la résidence principale, puis voyez comment vendre un bien en indivision et ses conséquences fiscales. Apprenez enfin à calculer la plus-value immobilière lors d’une vente.
FAQ : vente immobilière et divorce
La vente de la résidence principale est-elle taxée en cas de divorce ?
Non. La vente de la résidence principale du couple reste exonérée d’impôt sur la plus-value, y compris pour l’époux ayant quitté le logement, si la vente intervient dans un délai normal après la séparation.
Quel est le taux du droit de partage en cas de divorce ?
Le droit de partage est de 1,1 % depuis le 1er janvier 2022 pour les partages consécutifs à un divorce ou à une rupture de PACS. Il se calcule sur la valeur nette des biens partagés.
Le droit de partage s’applique-t-il en cas de rachat de la part de l’autre ?
Oui. Lorsque l’un des ex-époux rachète la part de l’autre par une soulte, le droit de partage de 1,1 % s’applique également à l’opération.
L’époux qui a quitté le logement bénéficie-t-il de l’exonération ?
Oui, sous conditions. Le bien doit avoir été la résidence principale du couple, rester occupé par l’autre ex-époux jusqu’à la vente, et celle-ci doit intervenir dans un délai normal.
📝 À propos de ce guide
Rédigé par la rédaction d’avocat-immobilier.com, à partir des textes officiels en vigueur et vérifié pour 2026. Mis à jour le 14 juin 2026. Sources : Légifrance : article 150 U du CGI et impots.gouv.fr : divorce et plus-value. Une question sur votre situation ? L’espace commentaires est ouvert.





