Quand vous louez un logement, une question revient sans cesse : qui règle quoi entre le propriétaire et le locataire ? La loi du 6 juillet 1989 et un décret de 1987 tracent une frontière assez nette. Ce guide vous explique cette répartition, le mécanisme des provisions et la façon de régulariser sans accroc.
L’essentiel en bref
Le locataire paie les charges récupérables, dont la liste est fixée par le décret du 26 août 1987 : eau et chauffage collectifs, entretien des parties communes, ascenseur, taxe d’enlèvement des ordures ménagères.
Le propriétaire avance ces sommes au syndic, puis les récupère par des provisions mensuelles, régularisées une fois par an sur justificatifs.
Les gros travaux, le ravalement, les honoraires de gestion du syndic et le remplacement d’équipements restent à la charge du propriétaire.
Comment se répartissent les charges entre propriétaire et locataire
Les charges d’un logement loué recouvrent les dépenses liées à son occupation et à l’entretien de l’immeuble. La loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 pose le principe : une partie de ces dépenses revient au locataire, le reste demeure à la charge du bailleur. Cette répartition ne se négocie pas librement, elle suit des textes précis.
Concrètement, le locataire supporte les charges récupérables, parfois appelées charges locatives. Le propriétaire conserve les dépenses qui touchent à la structure du bien et à sa valeur patrimoniale. Pour savoir dans quelle case ranger une dépense, le réflexe est de se reporter au décret du 26 août 1987.
Le widget ci-dessous vous aide à trancher rapidement pour les cas les plus fréquents. Sélectionnez une dépense, vous saurez si elle peut être imputée au locataire ou si elle reste sur les épaules du bailleur.
| Dépense | Qui paie ? | Base |
|---|---|---|
| Eau, chauffage et eau chaude collectifs | Locataire (charge récupérable) | Décret du 26 août 1987 |
| Entretien courant des parties communes | Locataire (charge récupérable) | Décret du 26 août 1987 |
| Fonctionnement de l’ascenseur | Locataire (charge récupérable) | Décret du 26 août 1987 |
| Taxe d’enlèvement des ordures ménagères | Locataire (charge récupérable) | Décret du 26 août 1987 |
| Gros travaux, ravalement, remplacement d’équipements | Propriétaire | Loi du 6 juillet 1989 |
| Honoraires de gestion du syndic | Propriétaire | Loi du 6 juillet 1989 |
Quelles charges le locataire doit-il réellement payer
La liste des charges récupérables n’est pas laissée à l’appréciation du bailleur. Le décret n° 87-713 du 26 août 1987 la fixe limitativement. On y retrouve l’eau, le chauffage et l’eau chaude collectifs, l’entretien courant des parties communes, le fonctionnement de l’ascenseur et la taxe d’enlèvement des ordures ménagères.
Tout ce qui ne figure pas dans ce décret ne peut pas être réclamé au locataire. Un bailleur qui tenterait de faire payer un ravalement de façade ou le remplacement d’une chaudière sortirait du cadre légal. Cette logique protège le locataire contre les facturations abusives.
Un point mérite attention sur l’ascenseur : l’entretien courant se récupère, mais le contrôle technique réalisé tous les cinq ans reste au propriétaire. La frontière passe entre l’exploitation quotidienne et les obligations de sécurité périodiques.
💡 Le saviez-vous ?
Le contrôle technique quinquennal de l’ascenseur n’est pas une charge récupérable. Beaucoup de bailleurs l’ajoutent par erreur à la régularisation annuelle. Le locataire qui repère cette ligne sur son décompte peut en demander le retrait, justificatifs à l’appui.
Comment fonctionnent les provisions et la régularisation
Dans la pratique, le propriétaire avance les charges au syndic puis se fait rembourser par le locataire. Plutôt que de réclamer le montant exact chaque mois, il perçoit des provisions : des acomptes réguliers, ajoutés au loyer. Ce système lisse la trésorerie des deux côtés.
Une fois par an, le bailleur procède à la régularisation. Il compare le total des provisions encaissées avec les dépenses réelles. Si le locataire a trop versé, le bailleur lui rembourse la différence ; s’il a trop peu provisionné, un complément lui est réclamé.
Cette régularisation s’appuie sur des justificatifs. Le locataire peut demander à consulter les pièces, et le bailleur doit les tenir à disposition pendant six mois après l’envoi du décompte. Sans ce contrôle, les chiffres restent contestables.
✓ Provisions avec régularisation
Charges lissées sur l’année, trésorerie prévisible.
Ajustement annuel au plus juste sur dépenses réelles.
Contrôle possible sur justificatifs.
✗ Forfait de charges
Réservé surtout au bail meublé, pas de régularisation.
Montant figé, parfois éloigné des dépenses réelles.
Aucun remboursement si le forfait dépasse les frais.
⚖️ Ce que dit la loi
La loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 encadre les rapports locatifs et fixe le principe des charges récupérables exigibles sur justification.
Le décret n° 87-713 du 26 août 1987 dresse la liste limitative de ces charges. Toute dépense absente de cette liste reste à la charge du propriétaire.
Quelles dépenses restent à la charge du propriétaire
Le bailleur garde sur ses épaules tout ce qui touche à la pérennité du bien. Les gros travaux, le ravalement de façade, le remplacement d’une toiture ou d’un ascenseur ne se récupèrent jamais. Ces dépenses augmentent ou maintiennent la valeur du patrimoine, elles relèvent donc du propriétaire.
Les honoraires de gestion versés au syndic suivent la même logique. Ils rémunèrent l’administration de la copropriété, pas l’usage du logement par le locataire. Les tenter de les répercuter constitue une erreur fréquente lors des régularisations.
Cette répartition se résume par un test simple : la dépense profite-t-elle à l’occupation quotidienne, ou à la conservation du bien ? Le premier cas penche vers le locataire, le second vers le bailleur.
⚠️ Le piège classique
Régulariser les charges sans fournir le décompte ni les justificatifs. Un locataire est en droit de refuser un complément non détaillé. À l’inverse, un bailleur qui néglige la régularisation annuelle s’expose à perdre le rappel s’il attend trop longtemps. La rigueur du décompte protège les deux parties.
Comment éviter les litiges liés aux charges
La plupart des conflits naissent d’un manque de transparence. Un bail clair, qui mentionne le montant des provisions et leur nature, pose déjà de bonnes bases. Le locataire sait à quoi s’attendre, le bailleur s’appuie sur un cadre écrit.
La régularisation annuelle, faite à date fixe avec un décompte lisible, évite les mauvaises surprises. Conserver les factures du syndic et les présenter sur demande désamorce la plupart des contestations avant qu’elles ne dégénèrent.
En cas de désaccord persistant, la commission départementale de conciliation offre une voie amiable et gratuite avant tout passage devant le juge. Mieux vaut clarifier tôt que laisser un litige s’installer sur plusieurs années de charges.
Pour aller plus loin, ces guides complètent utilement votre lecture. Comprenez d’abord qui paie quoi dans une copropriété entre propriétaire et syndic, puis faites le point sur les obligations du propriétaire dans un bail d’habitation. Avant de louer, assurez-vous enfin de rédiger un bail d’habitation conforme à la loi.
FAQ : les charges en cas de location
Quelles charges le locataire doit-il payer ?
Le locataire paie les charges récupérables fixées par le décret du 26 août 1987 : eau et chauffage collectifs, entretien des parties communes, fonctionnement de l’ascenseur et taxe d’enlèvement des ordures ménagères.
Le propriétaire peut-il facturer les gros travaux au locataire ?
Non. Les gros travaux, le ravalement, le remplacement d’équipements et les honoraires de gestion du syndic restent à la charge du propriétaire et ne figurent pas dans la liste des charges récupérables.
Comment se passe la régularisation des charges ?
Le propriétaire perçoit des provisions mensuelles, puis régularise une fois par an en comparant les provisions aux dépenses réelles, sur justificatifs. Un trop-perçu est remboursé, un manque est complété.
Le contrôle technique de l’ascenseur est-il récupérable ?
Non. L’entretien courant de l’ascenseur se récupère sur le locataire, mais le contrôle technique réalisé tous les cinq ans reste à la charge du propriétaire.
📝 À propos de ce guide
Rédigé par la rédaction d’avocat-immobilier.com, à partir des textes officiels en vigueur et vérifié pour 2026. Mis à jour le 14 juin 2026. Sources : Légifrance : décret du 26 août 1987 et Service-public : charges récupérables. Une question sur votre situation ? L’espace commentaires est ouvert.





