Vous souhaitez faire voter des travaux dans votre immeuble, mais le syndic traîne ou refuse votre demande. Cette situation est fréquente et plus encadrée qu’il n’y paraît. Le syndic n’est pas le décideur des travaux importants, il exécute les choix de l’assemblée générale. Vous disposez de plusieurs leviers pour faire avancer votre projet, du simple courrier jusqu’à la saisine du juge.
En résumé
Le syndic applique les décisions de l’assemblée générale et ne décide pas seul des travaux votables. Un copropriétaire peut demander l’inscription de sa question à l’ordre du jour. Des copropriétaires réunissant au moins le quart des voix peuvent exiger la convocation d’une assemblée. Pour les travaux urgents touchant la sauvegarde de l’immeuble, le syndic doit agir sans attendre. En cas de blocage persistant, le juge tranche.
Le rôle exact du syndic face à une demande de travaux
Le syndic gère l’immeuble au quotidien et exécute les décisions prises en assemblée générale, en application de l’article 18 de la loi du 10 juillet 1965. Pour les travaux importants, il ne décide pas seul. Ces travaux relèvent d’un vote des copropriétaires, à la majorité requise selon leur nature.
Quand vous voulez des travaux, votre première démarche consiste à demander leur inscription à l’ordre du jour de la prochaine assemblée. Cette demande se formule par lettre recommandée avec accusé de réception, adressée au syndic avant l’envoi de la convocation. Un projet de résolution doit y être joint lorsque la question porte sur une autorisation de travaux.
| Situation | Levier principal | Base |
|---|---|---|
| Demande de travaux ordinaires | Inscription à l’ordre du jour, vote en assemblée | Loi 65-557, art. 18 |
| Syndic refuse d’inscrire la question | Mise en demeure par lettre recommandée | Décret 67-223 |
| Syndic ne convoque pas | Le quart des voix met en demeure de convoquer | Loi 65-557 |
| Travaux urgents de sauvegarde | Le syndic agit seul, puis ratification en assemblée | Loi 65-557, art. 18 |
| Carence persistante | Saisine du juge | Tribunal judiciaire |
Quand le syndic refuse d’inscrire votre question
Si le syndic écarte votre demande d’inscription pourtant adressée dans les formes, vous le mettez en demeure de respecter son obligation. Le conseil syndical est un allié utile à ce stade. Il peut relayer la demande et appuyer la nécessité de réunir l’assemblée. Conservez la preuve de votre envoi recommandé, elle servira en cas de litige.
Le saviez-vous ?
Une question ne peut pas être inscrite valablement par un simple courriel. La demande doit parvenir au syndic par lettre recommandée avec accusé de réception, accompagnée d’un projet de résolution quand elle concerne une autorisation de travaux.
Réunir le quart des voix pour exiger une assemblée
Lorsque le syndic reste inactif, des copropriétaires représentant au moins un quart des voix de l’ensemble peuvent le mettre en demeure de convoquer une assemblée générale. Cette mise en demeure se fait par lettre recommandée. Si le syndic ne réagit pas dans le délai prévu, le président du conseil syndical peut convoquer lui-même l’assemblée. À défaut, tout copropriétaire peut saisir le juge pour désigner un mandataire chargé de la convocation.
Avantages de la voie collective
Réunir le quart des voix donne un poids réel face au syndic. La démarche est encadrée et oblige à convoquer. Le conseil syndical peut prendre le relais si le syndic persiste.
Points de vigilance
Rassembler le quart des voix demande du temps et de la coordination. Les délais de mise en demeure doivent être respectés. Une convocation irrégulière fragilise les votes qui suivront.
Ce que dit la loi
L’article 18 de la loi du 10 juillet 1965 charge le syndic d’assurer l’exécution des décisions de l’assemblée générale et l’autorise, en cas d’urgence, à faire procéder de sa propre initiative aux travaux nécessaires à la sauvegarde de l’immeuble. Il doit alors convoquer immédiatement une assemblée pour faire ratifier ces travaux.
Les travaux urgents de sauvegarde de l’immeuble
Certains travaux ne peuvent pas attendre la prochaine assemblée. Quand la sauvegarde de l’immeuble est en jeu, par exemple une toiture qui menace ou une canalisation rompue, le syndic doit agir sans délai. Il engage les travaux nécessaires de sa propre initiative, puis convoque une assemblée pour faire ratifier sa décision. Son inaction dans ce cas peut engager sa responsabilité.
Le piège classique
Croire que le syndic peut décider seul de gros travaux non urgents. Hors urgence de sauvegarde, il ne peut engager des travaux importants sans vote de l’assemblée. À l’inverse, lui reprocher de ne pas avoir agi en urgence suppose de démontrer que la sauvegarde de l’immeuble était réellement menacée.
Saisir le juge en cas de blocage
Si toutes les démarches amiables échouent, le tribunal judiciaire peut être saisi. Le juge intervient pour ordonner la convocation d’une assemblée, désigner un mandataire ou sanctionner la carence du syndic. Cette voie reste un dernier recours. Un dossier solide, fait de vos courriers recommandés et des réponses obtenues, conditionne largement son issue.
Pour approfondir, consultez nos guides sur les travaux qui nécessitent un vote en assemblée générale, sur la répartition des charges de copropriété et sur les recours contre les nuisances sonores en copropriété.
FAQ : recours contre le syndic sur les travaux
Le syndic peut-il refuser d’inscrire ma demande de travaux ?
Non, dès lors que votre demande lui parvient dans les formes par lettre recommandée avant l’envoi de la convocation, il doit inscrire la question à l’ordre du jour. S’il l’omet, vous pouvez le mettre en demeure.
Combien de voix faut-il pour exiger une assemblée générale ?
Des copropriétaires représentant au moins le quart des voix de l’ensemble peuvent mettre le syndic en demeure de convoquer une assemblée générale.
Le syndic peut-il lancer des travaux urgents sans vote ?
Oui, en cas d’urgence touchant la sauvegarde de l’immeuble, le syndic engage de sa propre initiative les travaux nécessaires, puis convoque une assemblée pour les faire ratifier.
Que faire si le syndic reste totalement inactif ?
Après mise en demeure restée sans effet, le président du conseil syndical peut convoquer l’assemblée. À défaut, tout copropriétaire peut saisir le tribunal judiciaire pour désigner un mandataire.
📝 À propos de ce guide
Rédigé par la rédaction d’avocat-immobilier.com, à partir des textes officiels en vigueur et vérifié pour 2026. Mis à jour le 14 juin 2026. Sources : Légifrance : article 18 de la loi 65-557 et Service-Public : convocation de l’assemblée générale. Une question sur votre situation ? L’espace commentaires est ouvert.





