Un voisin transforme son appartement en bureau, un autre installe une véranda sans autorisation, un troisième laisse aboyer son chien jour et nuit. Le règlement de copropriété est censé prévenir ces situations, mais que faire quand quelqu’un ne le respecte pas ? Vous disposez de plusieurs leviers, du rappel amiable à l’action en justice. Voici comment réagir efficacement et dans les règles.
En résumé
Le règlement de copropriété a une valeur contractuelle et s’impose à tous. En cas de non-respect, le syndic adresse d’abord une mise en demeure. À défaut de régularisation, le syndicat peut agir en justice pour faire cesser le trouble et obtenir des dommages-intérêts, sur le fondement de la loi du 10 juillet 1965. Tout copropriétaire lésé peut aussi agir individuellement.
La valeur du règlement de copropriété
Le règlement de copropriété n’est pas une simple recommandation. Il a une valeur contractuelle et s’impose à tous les copropriétaires, qu’ils l’aient signé ou non. Chacun s’engage à le respecter du seul fait d’acquérir un lot dans l’immeuble.
Ce document fixe la destination de l’immeuble, l’usage des parties privatives et communes, ainsi que la répartition des charges. Les manquements les plus fréquents concernent une activité interdite, des travaux non autorisés ou des nuisances répétées. Dans tous ces cas, des recours existent.
| Étape | Qui agit | Objectif |
|---|---|---|
| Signalement | Le copropriétaire gêné | Alerter le syndic du manquement constaté |
| Mise en demeure | Le syndic | Rappeler la règle et demander la régularisation |
| Action en justice | Le syndicat ou le copropriétaire lésé | Faire cesser le trouble et obtenir réparation |
Le rôle du syndic et la mise en demeure
Le syndic représente le syndicat des copropriétaires. C’est à lui qu’il revient de veiller au respect du règlement. En cas de non-respect, il adresse d’abord une mise en demeure au copropriétaire fautif, par lettre recommandée.
Cette mise en demeure rappelle la clause du règlement enfreinte et invite à régulariser sous un certain délai. Elle a souvent un effet dissuasif. Beaucoup de litiges se règlent à ce stade, sans qu’il soit besoin d’aller plus loin.
Le saviez-vous ?
Depuis la loi ELAN du 23 novembre 2018, les actions personnelles entre copropriétaires, ou entre un copropriétaire et le syndicat, se prescrivent par cinq ans. Avant cette réforme, le délai était de dix ans. Mieux vaut donc ne pas trop tarder à agir.
Agir en justice quand le dialogue échoue
À défaut de régularisation, le syndicat peut agir en justice pour faire cesser le trouble et obtenir des dommages-intérêts. Cette action repose sur la loi du 10 juillet 1965, texte qui fixe le statut de la copropriété. Le juge peut ordonner la cessation du manquement, voire la remise en état des lieux.
Ce qui renforce votre action
Un règlement clair sur la clause enfreinte, des manquements documentés par écrit, une mise en demeure restée sans effet et le soutien de l’assemblée générale solidifient le dossier.
Ce qui la fragilise
Une clause ambiguë, un manquement sans preuve, l’absence de mise en demeure préalable ou une action tardive au regard de la prescription affaiblissent vos chances.
Ce que dit la loi
La loi du 10 juillet 1965 organise le statut de la copropriété et confère au syndicat la capacité d’agir en justice pour la sauvegarde des droits afférents à l’immeuble. Les actions personnelles relatives à la copropriété se prescrivent par cinq ans depuis la loi du 23 novembre 2018.
Le copropriétaire peut-il agir seul ?
Oui. Tout copropriétaire personnellement lésé peut aussi agir individuellement, sans attendre le syndicat. Si les nuisances d’un voisin vous touchent directement, vous pouvez engager votre propre action pour faire cesser le trouble et obtenir réparation.
L’assemblée générale reste l’instance où ces sujets se discutent. Inscrire la question à l’ordre du jour permet d’informer la copropriété et, le cas échéant, de voter une action collective. Mieux vaut documenter les manquements et privilégier d’abord la voie amiable.
Le piège classique
Se faire justice soi-même, en coupant un accès ou en posant un obstacle, retourne la situation contre vous. Même face à un voisin manifestement fautif, seul le juge peut ordonner une mesure de contrainte. Passez toujours par le syndic puis par la voie judiciaire.
Vers qui vous tourner
Les questions de copropriété se recoupent souvent. Selon votre situation, plusieurs guides du site complètent utilement cette lecture.
Consultez nos articles sur les droits et obligations d’un copropriétaire, sur les recours quand la copropriété est mal gérée et sur la différence entre syndic bénévole et syndic professionnel.
FAQ : non-respect du règlement de copropriété
Le règlement de copropriété s’impose-t-il même si je ne l’ai pas signé ?
Oui. Le règlement a une valeur contractuelle et s’impose à tous les copropriétaires du seul fait qu’ils acquièrent un lot dans l’immeuble, indépendamment de toute signature de leur part.
Que peut faire le syndic en cas de manquement ?
Le syndic, qui représente le syndicat des copropriétaires, adresse d’abord une mise en demeure rappelant la clause enfreinte. À défaut de régularisation, le syndicat peut agir en justice pour faire cesser le trouble.
Puis-je agir seul contre un copropriétaire fautif ?
Oui. Tout copropriétaire personnellement lésé peut agir individuellement, sans attendre l’action du syndicat, pour faire cesser le trouble qui le touche directement et obtenir réparation.
Dans quel délai faut-il agir ?
Depuis la loi du 23 novembre 2018, les actions personnelles relatives à la copropriété se prescrivent par cinq ans, à compter du jour où le titulaire du droit a connu ou aurait dû connaître les faits.
📝 À propos de ce guide
Rédigé par la rédaction d’avocat-immobilier.com, à partir des textes officiels en vigueur et vérifié pour 2026. Mis à jour le 14 juin 2026. Sources : Légifrance : loi du 10 juillet 1965 et Service-public.fr : règlement de copropriété. Une question sur votre situation ? L’espace commentaires est ouvert.





