Quels droits en cas de chantier arrêté pour cause de faillite de l’entreprise ?

avocat-immobilier

31 janvier 2026

Le chantier s’arrête net, les ouvriers ne reviennent plus, et vous apprenez que l’entreprise est en redressement ou en liquidation judiciaire. La situation est angoissante, mais des droits existent. Une garantie spécifique protège souvent le maître d’ouvrage, et des démarches précises permettent de faire achever la maison. Voici comment réagir.

L’essentiel en bref

En cas de liquidation de l’entreprise, déclarez votre créance auprès du mandataire judiciaire dans les délais. Dans un contrat de construction de maison individuelle, la garantie de livraison, obligatoire selon l’article L231-6 du Code de la construction et de l’habitation, permet de faire achever les travaux grâce au garant. Sans cette garantie, mobilisez les autres assurances et faites constater l’avancement.

Ce qui se passe quand l’entreprise fait faillite

Le placement en redressement ou en liquidation judiciaire suspend l’activité de l’entreprise. Le chantier s’interrompt, et un mandataire judiciaire prend la main sur les opérations. Le maître d’ouvrage se retrouve avec une construction inachevée, des acomptes déjà versés, et l’incertitude sur la suite.

La première réaction utile consiste à déclarer sa créance auprès du mandataire désigné, dans les délais impartis. Cette déclaration formalise vos droits dans la procédure collective. Passé le délai, vous risquez de perdre la possibilité de faire valoir les sommes versées ou les travaux non réalisés.

Quels droits et quelle démarche ?
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Droit et démarche

DémarcheQui contacterObjectif
Déclaration de créanceMandataire judiciairePréserver vos droits dans la procédure
Activation de la garantieGarant de livraisonFaire achever la maison
Constat d’avancementHuissier ou expertFixer l’état réel du chantier
Résiliation éventuelleConseil juridiqueSortir d’un contrat bloqué

La garantie de livraison du CCMI

Dans le cadre d’un contrat de construction de maison individuelle, la loi impose une garantie de livraison à prix et délais convenus. L’article L231-6 du Code de la construction et de l’habitation rend cette garantie obligatoire. Elle protège le maître d’ouvrage contre les conséquences d’une défaillance du constructeur.

Concrètement, en cas de liquidation, le garant s’engage à faire achever la maison. Il mandate une autre entreprise pour terminer les travaux, prend en charge les surcoûts nécessaires, et couvre les pénalités de retard. Cette garantie transforme une situation critique en simple gestion de transition.

Le saviez-vous ?

La garantie de livraison couvre aussi les travaux indispensables à l’achèvement de la construction, même lorsqu’ils n’étaient pas expressément prévus au contrat. Son objet est de livrer une maison habitable, pas seulement de solder le devis initial.

Déclarer sa créance: une étape à ne pas manquer

La déclaration de créance s’adresse au mandataire judiciaire chargé de la procédure. Elle recense les sommes versées et les prestations non exécutées. Le formulaire dédié est disponible, et un délai strict court à compter de la publication de l’ouverture de la procédure au registre officiel.

Ne pas déclarer dans les temps fait perdre le rang de créancier, ce qui compromet tout espoir de récupération. Joignez les justificatifs: contrat, factures, preuves de paiement, état des travaux. Un dossier complet renforce votre position face aux autres créanciers de l’entreprise.

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Avec une garantie de livraison

L’achèvement est sécurisé aux prix et délais convenus. Le garant prend en charge la transition. Vous évitez de financer deux fois la fin du chantier.

Sans garantie de livraison

La situation est plus délicate. Il faut mobiliser les autres assurances, faire constater l’avancement et envisager une résiliation. La récupération des fonds dépend de la procédure collective.

Ce que dit la loi

L’article L231-6 du Code de la construction et de l’habitation impose au constructeur de maison individuelle de fournir une garantie de livraison à prix et délais convenus. Elle couvre le maître d’ouvrage contre les risques d’inexécution ou de mauvaise exécution, notamment en cas de liquidation judiciaire du constructeur.

Sans garantie de livraison, quelles options ?

Hors CCMI, ou si la garantie n’a pas été régulièrement souscrite, le maître d’ouvrage doit s’appuyer sur les autres protections disponibles. Vérifiez vos assurances, faites constater l’état d’avancement par un huissier ou un expert, et chiffrez précisément ce qui reste à réaliser. Ce constat sert de base à toute action.

La résiliation du contrat peut s’imposer pour reprendre la main et confier la suite à une autre entreprise. Elle obéit à des conditions précises et gagne à être encadrée juridiquement. Un avocat en droit de la construction sécurise la démarche et limite le risque de litige ultérieur.

Le piège classique

Verser de nouveaux acomptes pour relancer le chantier avant d’avoir activé la garantie ou déclaré sa créance est risqué. Vous pouvez financer des travaux que le garant aurait pris en charge. Faites d’abord constater l’avancement et sécurisez vos droits.

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Conserver les bons documents

La solidité de votre dossier repose sur les preuves. Conservez le contrat de construction, l’ensemble des factures, les preuves de virement et un état précis des travaux réalisés. Ces pièces servent à la fois pour la déclaration de créance et pour l’activation de la garantie de livraison.

Photographiez le chantier, datez vos constats et archivez tous les échanges avec le constructeur. Plus votre documentation est complète, plus la reprise des travaux et la défense de vos intérêts se font dans de bonnes conditions. La rigueur administrative est ici un vrai atout.

Pour aller plus loin, consultez nos guides sur ce qu’il faut faire si l’artisan abandonne le chantier, sur les obligations légales d’un constructeur de maison individuelle et sur les recours en cas de travaux non terminés.

FAQ : chantier arrêté pour faillite de l’entreprise

Que faire en premier si mon constructeur est en liquidation ?

Déclarez votre créance auprès du mandataire judiciaire dans les délais, et vérifiez votre garantie de livraison si vous avez signé un contrat de construction de maison individuelle. Ces deux démarches préservent vos droits.

La garantie de livraison est-elle obligatoire ?

Oui, dans le cadre d’un contrat de construction de maison individuelle. L’article L231-6 du Code de la construction et de l’habitation impose une garantie de livraison à prix et délais convenus.

Comment faire achever ma maison ?

Avec une garantie de livraison, le garant mandate une autre entreprise pour terminer les travaux. Sans garantie, faites constater l’avancement, mobilisez vos assurances et envisagez la résiliation du contrat.

Quels documents dois-je conserver ?

Le contrat de construction, les factures, les preuves de paiement et un état précis des travaux réalisés. Ces pièces sont indispensables pour la déclaration de créance et l’activation de la garantie.

📝 À propos de ce guide

Rédigé par la rédaction d’avocat-immobilier.com, à partir des textes officiels en vigueur et vérifié pour 2026. Mis à jour le 14 juin 2026. Sources : Légifrance : article L231-6 du CCH et Service-public : construction de maison individuelle. Une question sur votre situation ? L’espace commentaires est ouvert.

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