Au décès d’un proche, une question revient sans cesse. Qui reçoit quoi, et dans quelles proportions ? Le calcul des parts ne se fait pas au hasard. Il obéit aux règles de dévolution successorale prévues par le Code civil, qui désignent les héritiers et fixent leur quote-part. Comprendre cette mécanique vous aide à anticiper le partage et à éviter bien des tensions entre cohéritiers.
En résumé
Les parts dépendent de la dévolution successorale. Les enfants héritent en principe par parts égales. Le conjoint survivant choisit, quand tous les enfants sont communs, entre un quart en pleine propriété et la totalité en usufruit. La réserve protège les descendants, le rapport des donations rétablit l’égalité, et le notaire calcule la masse à partager.
Qui hérite et selon quel ordre
La loi établit un ordre des héritiers. Les enfants et leurs descendants viennent en premier. En leur absence interviennent les parents, les frères et sœurs, puis les autres collatéraux. Le conjoint survivant occupe une place particulière, qui varie selon les héritiers en présence. Quand le défunt laisse des enfants, ce sont eux qui recueillent la succession, le conjoint disposant alors d’un droit propre.
Entre enfants d’un même rang, le partage se fait par parts égales. Deux enfants reçoivent chacun la moitié, trois enfants un tiers chacun, et ainsi de suite. Cette égalité est un principe fort du droit français. Elle explique pourquoi les donations consenties du vivant sont ensuite réintégrées dans le calcul, pour ne pas avantager un héritier au détriment des autres.
| Situation | Part des enfants | Droits du conjoint survivant |
|---|---|---|
| Un enfant, tous communs | 3/4 ou nue-propriété du tout | 1/4 en pleine propriété ou usufruit total |
| Deux enfants, tous communs | 3/4 partagés (3/8 chacun) | 1/4 en pleine propriété ou usufruit total |
| Enfant non issu du couple | Le reste, par parts égales | 1/4 en pleine propriété uniquement |
| Pas de descendant, parents vivants | Néant | 1/2, le reste aux parents |
Le choix du conjoint survivant
Lorsque tous les enfants sont issus du couple, le conjoint survivant dispose d’une option. L’article 757 du Code civil lui permet de recueillir soit un quart de la succession en pleine propriété, soit l’usufruit de la totalité des biens. Ce choix n’est pas anodin. L’usufruit lui assure la jouissance de l’ensemble du patrimoine, sans en devenir propriétaire, tandis que le quart en pleine propriété lui donne un capital qu’il peut transmettre à son tour.
Le conjoint dispose d’un délai pour exprimer son choix. À défaut d’option dans le délai prévu, la loi considère qu’il a opté pour l’usufruit. Quand l’un des enfants n’est pas issu du couple, l’option disparaît. Le conjoint reçoit alors le quart en pleine propriété, sans possibilité de réclamer l’usufruit total.
Le saviez-vous ?
Le conjoint survivant n’est pas un héritier réservataire en présence de descendants. Sa protection passe par l’option de l’article 757 et par des droits propres, comme le droit au logement, mais il ne bénéficie pas d’une part minimale garantie de la même façon que les enfants.
Réserve, quotité disponible et rapport des donations
Le défunt ne peut pas déshériter ses enfants. La réserve héréditaire leur garantit une part minimale du patrimoine. L’article 913 du Code civil fixe cette réserve selon le nombre d’enfants. Avec un enfant, la réserve atteint la moitié des biens. Avec deux enfants, elle monte aux deux tiers. Avec trois enfants ou plus, elle représente les trois quarts. La part restante, appelée quotité disponible, peut être transmise librement, par testament ou par donation.
Les libéralités consenties du vivant ne sont pas oubliées. En principe, chaque héritier doit rapporter à la succession ce qu’il a reçu par donation, sauf si le défunt l’a expressément dispensé de ce rapport. La valeur de la donation est réintégrée de façon fictive dans la masse à partager. L’héritier conserve le bien donné, mais sa valeur s’impute sur ses droits, ce qui rétablit l’équilibre entre les cohéritiers.
Ce qui facilite le calcul
Un inventaire clair des biens, des donations antérieures bien documentées et un accord des héritiers sur les valeurs accélèrent le travail du notaire et limitent les contestations.
Ce qui complique le partage
Des donations anciennes non déclarées, des biens difficiles à évaluer ou un désaccord sur le choix de l’usufruit peuvent bloquer les opérations et appeler l’intervention du juge.
Ce que dit la loi
L’article 757 du Code civil organise le choix du conjoint survivant entre un quart en pleine propriété et l’usufruit de la totalité. L’article 913 fixe la réserve héréditaire des descendants. Les articles 843 et suivants régissent le rapport des donations à la succession.
Le rôle du notaire dans le calcul
Le notaire reconstitue la masse à partager. Il recense les biens existants au décès, en déduit les dettes, puis réintègre fictivement les donations rapportables. Sur cette base, il détermine la réserve et la quotité disponible, vérifie qu’aucune libéralité ne dépasse la part disponible, et calcule la quote-part indivise de chaque héritier. Ce travail technique conditionne ensuite l’établissement de l’acte de partage.
Le piège classique
Croire qu’une donation ancienne ne compte plus. Tant qu’aucune dispense de rapport n’a été prévue, la libéralité reste réintégrée dans la masse. Un héritier qui l’oublie risque de surévaluer sa part réelle et de découvrir, lors du partage, que ses droits sont plus faibles que prévu.
Anticiper pour mieux partager
Comprendre les règles avant le partage permet de dialoguer sereinement avec ses cohéritiers. Une bonne préparation passe par la connaissance des donations passées, l’évaluation des biens et la clarté sur le choix du conjoint. Sur des situations complexes, un avocat ou un notaire vous aide à sécuriser le calcul et à prévenir les litiges.
Pour aller plus loin, consultez nos guides sur les règles fiscales de la vente d’un bien hérité en succession, sur les droits d’un héritier qui occupe seul le logement et sur les moyens de sortir d’un blocage en indivision immobilière.
FAQ : calcul des parts en indivision et succession
Les enfants héritent-ils toujours à parts égales ?
Oui, en principe. Les enfants d’un même rang se partagent la succession par parts égales. Les donations consenties du vivant sont toutefois rapportées pour rétablir cette égalité, sauf dispense expresse du défunt.
Le conjoint survivant peut-il choisir entre usufruit et pleine propriété ?
Quand tous les enfants sont issus du couple, l’article 757 du Code civil lui ouvre ce choix entre un quart en pleine propriété et l’usufruit de la totalité. En présence d’un enfant non commun, il reçoit seulement le quart en pleine propriété.
Qu’est-ce que la réserve héréditaire ?
C’est la part minimale garantie aux descendants par l’article 913 du Code civil. Elle est de la moitié avec un enfant, des deux tiers avec deux enfants et des trois quarts avec trois enfants ou plus. Le reste forme la quotité disponible.
Faut-il rapporter une donation reçue il y a longtemps ?
En principe oui. Sauf dispense de rapport prévue par le défunt, la valeur de la donation est réintégrée de façon fictive dans la masse à partager, afin de calculer correctement la part de chaque héritier.
📝 À propos de ce guide
Rédigé par la rédaction d’avocat-immobilier.com, à partir des textes officiels en vigueur et vérifié pour 2026. Mis à jour le 14 juin 2026. Sources : Légifrance : article 757 du Code civil et Service-public : la part des héritiers. Une question sur votre situation ? L’espace commentaires est ouvert.





