Quels abattements s’appliquent sur la plus-value immobilière ?

avocat-immobilier

21 mars 2026

Quand vous vendez un bien immobilier autre que votre résidence principale, la plus-value réalisée est imposée. La bonne nouvelle, c’est que cette imposition diminue avec le temps, grâce aux abattements pour durée de détention. Plus vous avez conservé le bien longtemps, moins vous payez.

Le mécanisme paraît simple sur le principe, mais les taux diffèrent entre l’impôt sur le revenu et les prélèvements sociaux, avec des paliers qui ne tombent pas aux mêmes années. Ce guide détaille chaque barème, propose un simulateur d’abattement et signale les pièges les plus fréquents.

En résumé

Aucun abattement ne s’applique avant 6 ans de détention. Au-delà, l’abattement progresse différemment pour l’impôt sur le revenu et pour les prélèvements sociaux.

L’impôt sur le revenu, au taux de 19 %, est totalement effacé au bout de 22 ans de détention.

Les prélèvements sociaux, au taux de 17,2 %, ne disparaissent qu’au bout de 30 ans de détention.

Comment se calcule la plus-value avant abattement

La plus-value brute correspond à la différence entre le prix de vente et le prix d’acquisition. Ce prix d’achat peut être majoré des frais d’acquisition, retenus pour leur montant réel ou par un forfait de 7,5 %, et des travaux justifiés ou évalués forfaitairement à 15 % après cinq ans de détention. Le résultat constitue la base sur laquelle s’appliquent ensuite les abattements.

Lire aussi :  Vente en viager : quels impacts fiscaux pour le vendeur ?

Cette plus-value brute supporte deux prélèvements distincts. L’impôt sur le revenu au taux de 19 % et les prélèvements sociaux au taux de 17,2 % se calculent chacun sur une base réduite par son propre abattement. C’est pourquoi le montant imposable diffère selon que l’on raisonne en impôt sur le revenu ou en prélèvements sociaux.

Simulateur d’abattement
Votre abattement selon la durée de détention

Durée de détention (années)

Résultat

Le tableau suivant détaille le rythme des abattements, année par année, pour chacun des deux prélèvements.

Période de détentionAbattement impôt sur le revenuAbattement prélèvements sociaux
De 0 à 5 ansAucun abattementAucun abattement
De la 6e à la 21e année6 % par an1,65 % par an
22e année4 % (exonération totale)1,60 %
De la 23e à la 30e annéeDéjà exonéré9 % par an (exonération à 30 ans)

Le détail du barème année par année

Pour l’impôt sur le revenu, l’abattement démarre à la sixième année et progresse de 6 % par an jusqu’à la vingt et unième année. La vingt-deuxième année ajoute 4 %, ce qui porte le total à 100 % et efface entièrement cet impôt. Un bien détenu 22 ans échappe donc à l’impôt sur le revenu sur la plus-value.

Pour les prélèvements sociaux, le rythme est plus lent. L’abattement avance de 1,65 % par an de la sixième à la vingt et unième année, ajoute 1,60 % la vingt-deuxième année, puis accélère à 9 % par an de la vingt-troisième à la trentième année. L’exonération complète n’est atteinte qu’au bout de 30 ans, soit huit années de plus que pour l’impôt sur le revenu.

Le saviez-vous ?

Entre 22 et 30 ans de détention, un cas particulier se présente. La plus-value n’est plus imposée à l’impôt sur le revenu, mais elle reste soumise aux prélèvements sociaux. Beaucoup de vendeurs pensent à tort être totalement exonérés à 22 ans, alors que les 17,2 % de prélèvements sociaux continuent de s’appliquer sur une base partiellement réduite.

Les abattements exceptionnels à connaître

En plus du barème de droit commun, des abattements exceptionnels et temporaires peuvent exister. Ils visent souvent des objectifs de politique du logement, comme la libération de foncier dans les zones tendues ou les opérations de démolition suivies de reconstruction. Ces dispositifs sont encadrés par des conditions précises de zone, de calendrier et de nature du projet.

Leur caractère temporaire impose de vérifier le dispositif applicable au moment de la vente. Un abattement exceptionnel peut atteindre un taux élevé sur la plus-value, mais il suppose en général un engagement de l’acquéreur, par exemple construire des logements dans un délai donné. Mieux vaut faire valider l’éligibilité avant de signer le compromis.

Attendre un palier d’abattement

Patienter jusqu’à la 22e ou la 30e année efface une partie ou la totalité de l’impôt. C’est pertinent quand la plus-value latente est importante et que vous n’êtes pas pressé de vendre.

Vendre sans attendre

Le marché peut se retourner et un report n’est pas toujours gagnant. Si le bien se vend bien aujourd’hui, l’économie d’impôt future ne compense pas forcément une baisse de prix ou des charges de portage.

Ce que dit la loi

L’article 150 VC du code général des impôts fixe les abattements pour durée de détention applicables aux plus-values immobilières. L’article 150 U du même code définit le champ des biens concernés par le régime des plus-values immobilières des particuliers.

Quelles différences selon le bien vendu

Le barème d’abattement pour durée de détention s’applique à la plupart des biens immobiliers : appartements, maisons, parts de société civile immobilière à l’impôt sur le revenu, droits indivis. La résidence principale échappe à ce calcul, car sa vente est exonérée de plus-value sans condition de durée.

Les terrains à bâtir suivent désormais le même barème que les autres biens, après une période où ils relevaient de règles distinctes. La date d’acquisition retenue pour décompter les années de détention figure dans l’acte notarié. En cas de succession ou de donation, c’est la date d’entrée dans le patrimoine du défunt ou du donateur qui sert parfois de point de départ, un détail à vérifier au cas par cas.

Piège classique

Confondre le point de départ de l’abattement coûte cher. Le décompte court à partir de la date d’acquisition exacte, jour pour jour, et non à partir d’une simple année civile. Vendre quelques semaines avant un anniversaire de détention peut faire perdre une tranche entière d’abattement. Vérifiez la date inscrite dans votre acte avant de fixer la date de signature.

Anticiper et simuler avant de vendre

Avant de mettre un bien en vente, il est utile de simuler l’abattement applicable à la date envisagée, puis de comparer avec une vente reportée de quelques mois. Le simulateur plus haut donne une première estimation des taux, que le notaire affine ensuite avec les chiffres réels de votre dossier.

Conservez soigneusement les justificatifs qui majorent le prix d’achat : factures de travaux d’une entreprise, frais d’acquisition, droits de mutation. Ces documents réduisent la plus-value brute avant même l’application des abattements. Un dossier bien préparé évite les discussions avec l’administration et sécurise le montant net que vous percevez.

Pour aller plus loin, découvrez comment calculer la plus-value immobilière, nos conseils pour réduire l’impôt sur la plus-value et les situations ouvrant droit à une exonération de plus-value.

FAQ : abattements sur la plus-value immobilière

À partir de combien d’années obtient-on un abattement ?

Aucun abattement ne s’applique avant 6 ans de détention. Il commence à courir à partir de la sixième année, séparément pour l’impôt sur le revenu et pour les prélèvements sociaux.

Au bout de combien d’années la plus-value est-elle totalement exonérée ?

L’impôt sur le revenu est effacé après 22 ans de détention. Les prélèvements sociaux ne disparaissent qu’après 30 ans. L’exonération complète des deux suppose donc 30 ans de détention.

Pourquoi l’impôt sur le revenu et les prélèvements sociaux diffèrent-ils ?

Chaque prélèvement a son propre barème d’abattement. L’impôt sur le revenu progresse de 6 % par an, les prélèvements sociaux de 1,65 % par an, puis de 9 % par an au-delà de la 22e année.

L’abattement s’applique-t-il à la résidence principale ?

Non. La vente de la résidence principale est exonérée de plus-value sans condition de durée, le barème d’abattement ne la concerne donc pas.

📝 À propos de ce guide

Rédigé par la rédaction d’avocat-immobilier.com, à partir des textes officiels en vigueur et vérifié pour 2026. Mis à jour le 14 juin 2026. Sources : Légifrance : article 150 VC du CGI et Légifrance : article 150 U du CGI. Une question sur votre situation ? L’espace commentaires est ouvert.

Laisser un commentaire