Les frais de notaire pèsent lourd au moment de signer, et beaucoup d’acheteurs espèrent les récupérer côté impôts. La réalité fiscale est plus nuancée : ces frais n’ouvrent pas droit à une déduction immédiate, mais ils jouent un vrai rôle le jour de la revente. Comprendre ce mécanisme permet d’anticiper le calcul de votre plus-value.
En résumé
Les frais d’acquisition ne sont pas déductibles des revenus fonciers d’une location nue. En revanche, ils s’ajoutent au prix d’achat lors de la revente, soit pour leur montant réel, soit via un forfait de 7,5 pour cent prévu par l’article 150 VB du Code général des impôts.
Cet ajout réduit la plus-value imposable. Pour la résidence principale, l’impact reste neutre puisque la plus-value est exonérée.
Comment sont composés les frais de notaire lors d’un achat immobilier ?
Les frais de notaire, plus justement appelés frais d’acquisition, regroupent plusieurs éléments distincts. La part la plus importante correspond aux droits d’enregistrement versés à l’État et aux collectivités. Viennent ensuite les émoluments du notaire, encadrés par un barème, puis divers débours liés aux formalités.
Sur un bien ancien, ces frais représentent une part notable du prix d’achat. Sur un logement neuf, ils sont nettement plus légers en raison d’une fiscalité différente. Cette distinction influe directement sur le montant qui pourra plus tard majorer votre prix d’acquisition.
Pour estimer la part forfaitaire qui s’ajoutera à votre prix de revient lors de la revente, ce simulateur applique le forfait de 7,5 pour cent prévu par la loi.
| Situation du bien | Déduction des revenus ? | Effet à la revente |
|---|---|---|
| Location nue au réel | Non déductibles | Ajoutés au prix d’acquisition |
| Location meublée (LMNP réel) | Amortissables ou en charges | Selon les choix comptables |
| SCI à l’impôt sur les sociétés | Charges ou amortissement | Selon les options retenues |
| Résidence principale | Sans objet | Impact neutre, plus-value exonérée |
Quels sont les impacts fiscaux des frais de notaire pour un particulier ?
Premier point à retenir : pour une location nue imposée dans la catégorie des revenus fonciers, les frais d’acquisition ne sont pas déductibles. Vous ne pouvez pas les retrancher de vos loyers année après année. Cette règle surprend souvent les nouveaux bailleurs.
L’impact se révèle à la revente. Les frais d’acquisition s’ajoutent au prix d’achat pour le calcul de la plus-value, soit pour leur montant réel justifié, soit via le forfait de 7,5 pour cent de l’article 150 VB du Code général des impôts. Ce mécanisme fait mécaniquement baisser la plus-value imposable.
Le choix entre le réel et le forfait n’est pas anodin. Si vos frais réels dépassent 7,5 pour cent du prix, mieux vaut les justifier ; sinon le forfait est plus avantageux. Conservez donc soigneusement votre relevé de frais d’acte.
💡 Le saviez-vous
Pour la majoration du prix d’acquisition, l’administration retient le forfait de 7,5 pour cent sans aucun justificatif à fournir. Vous gardez toutefois la liberté d’opter pour le montant réel si vos frais d’acte le dépassent, à condition de pouvoir le prouver. C’est l’option la plus favorable qui doit guider votre choix au moment de la revente.
Comment optimiser le coût final grâce à la réduction ou à la négociation des frais ?
Quelques leviers permettent d’alléger la note dès l’achat. Vous pouvez distinguer dans l’acte le prix du mobilier, qui n’est pas soumis aux droits d’enregistrement, à condition de justifier sa valeur réelle. Cette ventilation réduit l’assiette des frais.
Le notaire peut aussi consentir une remise partielle sur ses émoluments pour les transactions d’un montant élevé, dans la limite prévue par la réglementation. La marge reste modeste, mais elle existe. N’hésitez pas à en discuter en amont de la signature.
Gardez en tête que ces frais, même réduits, viendront ensuite majorer votre prix de revient. Optimiser à l’achat ne pénalise donc pas votre situation fiscale future, puisque le forfait de 7,5 pour cent s’applique quoi qu’il arrive.
✅ Le forfait de 7,5 pour cent
Aucun justificatif à produire pour l’appliquer.
Simple et automatique au moment de la revente.
Avantageux quand les frais réels sont plus faibles.
⚠️ Le montant réel
Exige de conserver et de présenter les justificatifs.
Intéressant seulement si les frais dépassent 7,5 pour cent.
Plus lourd à gérer en cas de contrôle.
⚖️ Ce que dit la loi
L’article 150 VB du Code général des impôts prévoit que les frais d’acquisition à titre onéreux des immeubles peuvent être retenus pour leur montant réel justifié, ou fixés forfaitairement à 7,5 pour cent du prix d’acquisition. Cette majoration s’applique au calcul de la plus-value immobilière des particuliers. Le BOFiP précise les frais couverts par ce forfait, notamment les honoraires du notaire et les droits d’enregistrement.
Dans quels cas les frais de notaire sont-ils partiellement déductibles ?
Tout dépend du régime sous lequel vous détenez le bien. En location meublée au régime réel, sous le statut LMNP, les frais d’acquisition peuvent être amortis ou comptabilisés en charges selon l’option retenue. Ce traitement comptable diffère nettement de celui de la location nue.
Le même principe vaut pour une société civile immobilière soumise à l’impôt sur les sociétés. Les frais peuvent y être passés en charges ou amortis, ce qui réduit le résultat imposable. Le choix entre ces options relève d’un arbitrage comptable à étudier au cas par cas.
Pour la résidence principale, la question ne se pose pas vraiment. La plus-value étant exonérée à la revente, la majoration du prix par les frais n’a aucun effet fiscal. L’impact reste donc parfaitement neutre.
🚩 Le piège classique
Croire que les frais de notaire d’une location nue se déduisent chaque année des loyers, comme des travaux ou des intérêts d’emprunt. Cette confusion conduit à des déclarations erronées et à un risque de redressement. Pour un bien loué nu, les frais d’acquisition n’interviennent qu’une seule fois, à la revente, en majoration du prix d’achat.
Comment simuler et anticiper le coût des frais de notaire lors d’une acquisition ?
Anticiper ces frais évite les mauvaises surprises au moment de la signature. Un simulateur fiable vous donne une fourchette selon que le bien est neuf ou ancien. Le notaire vous communique ensuite un décompte précis avant la vente définitive.
Au-delà du coût immédiat, pensez à l’horizon de revente. Le forfait de 7,5 pour cent jouera en votre faveur le jour où vous vendrez, en réduisant la plus-value imposable. Intégrer cette donnée dans votre plan de financement donne une vision plus juste de la rentabilité.
Pour un projet locatif, croisez ce calcul avec le régime fiscal envisagé. Location nue, meublée ou détention en société : chaque option traite ces frais différemment. Un point avec un professionnel du droit ou un conseil fiscal sécurise vos arbitrages.
Pour approfondir le sujet, consultez nos guides sur les frais de notaire à payer lors d’une vente immobilière, sur les frais que vous pouvez déduire de la plus-value immobilière, ainsi que sur la fiscalité d’une vente immobilière et les impôts à prévoir.
FAQ : frais de notaire et impacts fiscaux
Les frais de notaire sont-ils déductibles des revenus fonciers ?
Non. Pour une location nue imposée dans les revenus fonciers, les frais d’acquisition ne sont pas déductibles des loyers. Ils interviennent uniquement à la revente, en majoration du prix d’achat.
Comment les frais de notaire réduisent-ils la plus-value ?
Ils s’ajoutent au prix d’acquisition, soit pour leur montant réel justifié, soit via un forfait de 7,5 pour cent prévu par l’article 150 VB du Code général des impôts. Cette majoration diminue la plus-value imposable.
Le forfait de 7,5 pour cent est-il automatique ?
Vous pouvez l’appliquer sans justificatif. Si vos frais réels dépassent ce taux, vous gardez la possibilité d’opter pour le montant réel, à condition de pouvoir le prouver. L’option la plus favorable doit guider votre choix.
Y a-t-il un impact pour la résidence principale ?
Non, l’impact est neutre. La plus-value de la résidence principale étant exonérée à la revente, la majoration du prix par les frais d’acquisition n’a aucun effet fiscal.
📝 À propos de ce guide
Rédigé par la rédaction d’avocat-immobilier.com, à partir des textes officiels en vigueur et vérifié pour 2026. Mis à jour le 14 juin 2026. Sources : Légifrance : article 150 VB du CGI et BOFiP : prix d’acquisition et frais. Une question sur votre situation ? L’espace commentaires est ouvert.





